Le Canada dénonce une “guerre” commerciale avec les États-Unis et annonce des mes de rétorsion
Ottawa s’apprête à entrer en conflit commercial avec Washington après avoir rejeté un accord jugé insatisfaisant. Le Premier ministre canadien, Mark Carney, a déclaré que le Canada était désormais “prêt pour [une] guerre commerciale totale” avec les États-Unis, suite à des négociations infructueuses.
Le Canada a annoncé des mes de rétorsion ciblant des secteurs clés de l’économie américaine, notamment l’acier, les produits laitiers, les appareils ménagers, l’industrie du papier, les machines agricoles et l’électronique. Ces surtaxes, qui entreront en vigueur le 8 septembre, seront équivalentes, “au dollar près”, aux droits de douane américains qui ont été appliqués récemment, touchant environ 20 milliards de dollars d’importations canadiennes.
Mark Carney a justifié la suspension des négociations en affirmant que les États-Unis “demandaient trop et offraient trop peu”. Il a également évoqué des préoccupations concernant des menaces pesant sur la langue française et la culture québécoise, notamment en ce qui concerne les subventions à la culture francophone et l’étiquetage bilingue des produits.
Les tensions se sont intensifiées lorsque les négociateurs américains ont exigé, à la dernière minute, le retrait d’une loi québécoise imposant des quotas de contenus francophones sur les plateformes numériques, comme Netflix et Spotify, en échange d’une annulation de nouveaux tarifs de 50 % sur certains produits canadiens.
En réponse à ces représailles, un négociateur américain a indiqué que les États-Unis mettraient en place des mes pour répondre aux actions canadiennes. Les deux pays se retrouvent ainsi dans une escalade de mes de rétorsion qui pourrait avoir des conséquences néfastes sur l’économie américaine.
Les droits de douane imposés par l’administration Trump pourraient affecter les importateurs américains, déjà confrontés à des hausses de prix. Les analystes avertissent que si le Canada et les États-Unis continuent d’escalader cette situation, l’économie américaine pourrait subir des chocs supplémentaires.
(Source : Le Devoir, Radio-Canada, Le Journal de Montréal, Politico, The New York Times)



