Portrait de Camille Denoziere : Coutelière Passionnée dans le Gers
L’essentiel
Ancienne salariée des éditions Albin Michel à Paris, Camille Denoziere s’est reconvertie en coutelière à Fleurance. Dans son atelier, elle crée des couteaux uniques. Ses créations, prisées pour leur utilité et leur esthétique, sont vendues en direct ou lors de marchés artisanaux. Rencontre avec une amoureuse du grand air et une passionnée de coutellerie.
Dans son atelier de Fleurance, Camille Denoziere façonne des couteaux, entourée d’une bouteille de gaz transformée en forge et de rondins de buis en train de sécher. Ancienne salariée des éditions Albin Michel à Paris, elle a constaté, à son retour d’un congé de maternité, que « l’intelligence artificielle avait colonisé [son] travail ». Ses anciens collègues traducteurs rencontrent également des difficultés similaires.
« L’Île-de-France et moi, ce n’était pas exactement une histoire d’amour. Je suis plus campagne, on va dire », explique-t-elle.
« J’aime travailler au grand air »
C’est en s’installant dans le Gers que sa passion pour la coutellerie s’est révélée, presque par hasard, lors de balades. « Je suis tombée sur la coutellerie de mon collègue Sébastien à Lavardens. Ça m’a donné envie. » Elle a ensuite suivi un stage à l’atelier Les Frappantes, à Vic-Fezensac, qui l’a convaincue d’embrasser ce métier.
Aujourd’hui, Camille travaille seule dans son atelier, fait de trois murs de parpaings et d’un toit. « J’aime travailler au grand air. Même si je dépends vraiment des éléments ici ! » Son métier lui plaît pour sa diversité. « Je ne fais jamais deux fois le même couteau. Jamais deux fois avec le même bois. »
Une grande partie de sa matière première provient de la récupération locale ou d’objets chinés dans les vide-greniers pour le bois exotique. « Actuellement, je suis à la recherche de corne, pour de nouveaux manches. »
Rituel de forge
Pour l’acier, Camille s’attache à travailler avec précision. « J’ai vraiment découvert ma matière, avec l’acier », confie-t-elle. La fabrication suit un rituel précis. Son marteau, qu’elle a nommé Patience, pèse 2,5 kg et peut l’occuper pendant huit heures. « Mais je préfère ça plutôt que d’être dans un bureau. »
Camille expose également son travail sur les réseaux sociaux. L’acier chauffe dans la forge jusqu’à atteindre « la bonne couleur, rouge cerise », signe qu’il est prêt pour la trempe, puis pour le revenu, une cuisson de deux heures destinée à donner une certaine élasticité au métal. Pendant ce temps, elle façonne les manches dans un bois choisi avec soin.
« Je fabrique des outils »
Les commandes, souvent chargées d’histoire, rythment son activité. Par exemple, elle a réalisé un set de dix-neuf couteaux à partir de la porte de la grand-mère d’une cliente. Ses créations se vendent également dans des boutiques d’artisans, sur les marchés, à la Maneta à Auch, ou lors de la foire de l’été fleurantin. Camille constate un véritable engouement pour ses couteaux. « Maintenant, on me connaît », dit-elle.
Pour Camille Denoziere, la coutellerie est plus qu’un simple métier : « C’est une passion, pas seulement une activité professionnelle. Je me suis complètement trouvée là-dedans. » Elle résume sa philosophie ainsi : « Je ne fabrique pas des décorations, c’est vraiment un objet utile, qui sert à tout le monde, et qui a la possibilité d’être vraiment beau. »
Source : La Dépêche



