Cameroun : à l’heure de la rentrée, les enseignants face aux défis de l’école en zone rurale
Au Cameroun, plus de 4 millions d’élèves reprennent le chemin de l’école ce 7 septembre. Cette rentrée concerne également les enseignants des zones reculées. Dans le primaire public, plus de deux enseignants sur trois exercent en milieu rural, où ils doivent faire face à des conditions de travail difficiles, notamment l’absence d’accès à l’eau potable, à l’énergie électrique et à un logement décent.
À Esse, une localité située à plus de 80 km de Yaoundé, les enseignants doivent se surpasser pour maintenir la motivation d’enseigner. À l’école publique d’Afanloum, proche d’Esse, la rentrée scolaire est souvent timide. Il peut parfois falloir plusieurs jours pour que les effectifs se remplissent. Sylvie Claire Anaba, institutrice, souligne que « les parents disent à leurs enfants que la rentrée scolaire n’est pas effective le premier jour ». Elle ajoute que les élèves commencent à arriver progressivement, ce qui retarde le programme scolaire par rapport à celui des zones urbaines.
Placide Biyack, enseignant depuis 20 ans, partage cette expérience. Bien qu’il ne s’attende pas à une effervescence le premier jour, sa motivation à enseigner dans cette région reste intacte. Il explique que les enseignants en zone rurale sont souvent considérés comme des modèles par la communauté, et que leur présence est appréciée malgré les défis quotidiens.
Pour améliorer les conditions de travail des enseignants, la mairie d’Esse a mis en place une initiative consistant à installer des panneaux solaires dans certaines écoles. Martin Ndongo Bouné, le maire d’Esse, précise que cette me vise à fournir de l’éclairage aux écoles, permettant ainsi aux enseignants de mieux préparer leurs cours en soirée.
Selon les données du ministère de l’Éducation de base, 67% des enseignants du primaire au Cameroun exercent en milieu rural.
Source : RFI

