Cameroun : le défi du recensement des populations les plus isolées
Entre 25 et 30 millions de Camerounais vivent sur le territoire, selon certaines estimations récentes. Pour obtenir une évaluation plus précise, le quatrième recensement général de la population, débuté fin avril, s’achève ce 31 juillet, après deux mois de prolongation accordés par le Premier ministre. Malgré des préoccupations concernant le non-recensement de certaines personnes, la commission as que ses agents ont couvert l’ensemble du pays, y compris les zones de crise, les camps de réfugiés et les localités où résident des minorités.
Dans le camp de Gado-Bazere, où vivent plus de 20 000 déplacés centrafricains, la situation du recensement a été complexe. Mariam, mère de trois enfants, témoigne : « C’est important qu’on soit venu nous compter. Cela prouve qu’elles existent, même si je suis refusée. » Le recensement d’environ 26 000 déplacés dans ce camp s’est heurté à des barrières linguistiques, ce qui a nécessité le recrutement d’agents parlant plusieurs langues locales, comme le haoussa et le fufuldé.
Les autorités revendiquent un taux de recensement d’environ 94 % dans des zones comme Gado-Bazere et Walde Gori, une performance supérieure à la moyenne nationale, évaluée à environ 70 % avant la fermeture des opérations. À Walde Gori, le chef de la communauté bororo, Ynoussa Moustapha, a souligné l’importance de se faire recenser, tandis qu’à Banondo, les équipes de recensement ont été accueillies par des chants et des danses, une première pour le campement de pygmées situé à proximité.
Cette opération vise non seulement à quantifier la population, mais aussi à garantir que les groupes les plus vulnérables soient pris en compte dans les politiques publiques.
Source : RFI


