Cacahuètes, pop-corn ou betteraves : la révolution silencieuse des champs du Sud Charente

Cacahuètes, pop-corn ou betteraves : la révolution silencieuse des champs du Sud Charente

Dans le Sud Charente, des agriculteurs se tournent vers des cultures alternatives pour faire face à la baisse des rendements agricoles, exacerbée par les conditions climatiques difficiles. Jérémy Boudeau, ancien salarié devenu propriétaire d’une ferme, témoigne des défis rencontrés : « Les rendements sont en baisse, la canicule plombe nos récoltes et ça ne devrait pas s’arranger. » En 2022, il a décidé de diversifier ses cultures, notamment en augmentant la surface dédiée au maïs à pop-corn, qui est passé de 5 à 8 hectares.

Un accompagnement des coopératives

Olivier Rabateau, responsable de la zone Sud Charente chez la coopérative Océalia, souligne l’importance de cette diversification : « Notre objectif est double : donner une rentabilité aux agriculteurs et fournir nos filiales, comme Menguy’s, qui valorise le savoir-faire français. » Cependant, la mise en place de ces nouvelles cultures n’est pas sans défis. Rabateau précise que le développement du pop-corn a nécessité plusieurs années de recherche pour identifier la semence adéquate, et que les investissements nécessaires peuvent être trop lourds pour certains agriculteurs.

La nécessité de répondre à de nouveaux besoins

Pour d’autres cultures, comme la betterave sucrière, des collaborations avec des entreprises spécialisées, telles que KWS, sont mises en place. KWS recherche des terres avec une grande pureté pour ses plants, ce qui a conduit à son expansion dans le Périgord et la Charente. Olivier de Croisœuil, directeur de KWS, explique que « pour créer des plants, il ne faut aucun pollen de betterave pour cette première phase ».

Olivier Rabateau prévoit un changement majeur dans le paysage agricole de la région : « Dans 10 ans, nos paysages agricoles du Sud Charente n’auront plus la même tête. Déjà en 10 ans, nous avons perdu 70 % de nos maïs pour de nouvelles cultures comme le lin, le sarrasin, et les lentilles. » Cette adaptation répond également à une volonté nationale de renforcer l’autonomie de la France en matière de production de protéines.

Source : Article original.

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