CAC 40 : La hausse des taux longs au Japon et aux États-Unis pèse sur les marchés boursiers
Les grands indices boursiers mondiaux, du CAC 40 au S&P 500 en passant par le Nasdaq, observent avec une attention croissante la tension sur les taux d’intérêt à long terme. Depuis plusieurs semaines, les rendements des obligations d’État progressent sensiblement au Japon et aux États-Unis, un mouvement qui tend à se diffuser à l’ensemble des marchés développés et qui pourrait peser sur la valorisation des actions.
Si la hausse des taux n’est pas en soi un phénomène inédit, son ampleur et sa rapidité interrogent les investisseurs dans un contexte géopolitique et budgétaire déjà très instable.
Récemment, les rendements des obligations souveraines ont atteint des niveaux élevés dans plusieurs grandes zones économiques. Au Japon, les taux à très long terme ont fortement progressé, tout comme ceux des obligations américaines à dix ans. Ce type de mouvement est loin d’être isolé, les marchés obligataires mondiaux étant étroitement interconnectés. Lorsque les rendements augmentent fortement aux États-Unis ou au Japon, les investisseurs réajustent leurs portefeuilles entre obligations américaines, japonaises et européennes, provoquant un effet de contagion sur les taux en zone euro.
Pour les marchés actions, une hausse durable des rendements obligataires renforce l’attractivité relative des placements sans risque et modifie les arbitrages entre actions et obligations.
Les économistes identifient deux grandes composantes dans l’évolution des taux à long terme : les anticipations économiques, liées à la croissance et à l’inflation, et la prime de terme, rémunération supplémentaire exigée par les investisseurs pour prêter à long terme.
Au Japon, la perspective d’un plan de relance budgétaire porté par la Première ministre Sanae Takaichi alimente des anticipations de croissance plus favorables, ce qui pousse mécaniquement les taux longs à la hausse. De plus, l’annonce d’élections législatives anticipées début février entretient l’incertitude sur l’orientation future des finances publiques japonaises.
Aux États-Unis, les derniers indicateurs macroéconomiques suggèrent une activité nettement plus dynamique que prévu, tandis que l’inflation reste au-dessus de l’objectif de 2 % de la Réserve fédérale. Les menaces de nouvelles mes protectionnistes ravivent également les inquiétudes inflationnistes.
Pour les analystes, la remontée des taux longs n’a rien d’illogique compte tenu du contexte macroéconomique et budgétaire. Cependant, la rapidité des mouvements observés constitue une source de préoccupation. Une poursuite des tensions sur les taux souverains est susceptible de provoquer des épisodes de volatilité plus marqués sur les marchés actions, à Paris comme à New York.
Dans un environnement dominé par l’incertitude géopolitique, les tensions budgétaires et le retour de stratégies protectionnistes, les investisseurs sont appelés à davantage de prudence et de sélectivité. Le principal risque pour les places boursières réside dans leur instabilité croissante, qui fragilise la visibilité sur les valorisations et les perspectives financières des entreprises.
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