Burkina Faso: le capitaine Traoré appelle à un islam «modéré» et dénonce les «extrémistes»

Burkina Faso : Le capitaine Traoré appelle à un islam « modéré » et dénonce les « extrémistes »

Le capitaine Ibrahim Traoré, chef du régime militaire burkinabè, a prononcé un discours le 16 juillet 2026 devant les Forces vives de la région de Yaadga, dans le nord du Burkina Faso. Dans son intervention, il a abordé la lutte contre le terrorisme, critiquant les menaces extérieures et apportant des précisions sur une nouvelle loi régissant les pratiques religieuses. Il a appelé les musulmans à adopter une approche de « modération » et a dénoncé la présence d’une « minorité d’extrémistes » dans le pays.

Ce discours survient alors que la communauté musulmane, qui avait soutenu le régime lors de sa prise de pouvoir en septembre 2022, fait face à des critiques croissantes. Traoré a évoqué l’arrestation de l’imam Kindo sans le nommer, ainsi que les manifestations qui ont suivi cet événement.

Dans ses déclarations, il a affirmé que « les extrémistes, il faut vous ressaisir, le combat est lancé », ajoutant que des mes seraient prises contre ceux qui prêchent des discours extrémistes. Le capitaine a également souligné que l’impérialisme tente d’utiliser le canal religieux, notamment l’islam, pour « détruire » le pays, en précisant que l’armée a régulièrement trouvé des exemplaires du Coran dans des bases terroristes démantelées.

En ce qui concerne l’éducation religieuse, Traoré a annoncé des mes visant à rapatrier les Burkinabè étudiant la charia à l’étranger, déclarant que « 800 et quelques mille étudiants étudient la charia, ils n’apprennent pas un métier ». Il a affirmé que ceux qui ne reviendraient pas ne seraient plus considérés comme Burkinabè. Depuis fin juin, les étudiants souhaitant étudier à l’étranger doivent obtenir une autorisation du ministère de l’Enseignement supérieur.

L’islam a été ciblé à plusieurs reprises par le régime depuis le coup d’État de 2022. Les responsables sunnites, qui avaient auparavant soutenu Traoré, ont exprimé leur mécontentement face à des mes telles que l’instauration d’une journée des coutumes et des traditions, ainsi qu’un décret encadrant les prières dans l’espace public.

Les tensions entre le régime et cette communauté pourraient perdurer, le capitaine ayant averti qu’il continuerait à combattre d’autres prédicateurs jugés extrémistes.

Source : RFI

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