Les bergers dans les rues de Bucarest : vraie contestation ou manipulation de l’extrême droite ?
Mercredi 16 septembre, des milliers de bergers et de fermiers ont manifesté dans les rues de Bucarest, en réponse à une me européenne interdisant l’exportation des ovins roumains. Cette interdiction, prolongée en raison d’une épizootie de peste des petits ruminants, a suscité une profonde inquiétude parmi les éleveurs. Cette maladie virale, qui affecte principalement les moutons et les chèvres, est endémique dans plusieurs régions du monde et se propage dans les Balkans depuis quelques années.
La crise a débuté lorsque des foyers de peste des petits ruminants ont conduit les autorités européennes à conclure que le virus circulait de manière non détectée en Roumanie, remettant en question la traçabilité animale dans le pays. En seulement deux ans, la Roumanie est passée du statut de premier exportateur de moutons vivants de l’Union européenne (UE) à celui d’un pays sous le coup d’une interdiction totale d’exportation vers d’autres États membres.
Cependant, la manifestation a rapidement dégénéré en une « manifestation anarchiste violente », selon le quotidien Adevarul, avec des centaines d’agitateurs infiltrant les rassemblements pacifiques. Des destructions considérables ont été signalées sur la place de la Victoire, devant le siège du gouvernement, accompagnées d’affrontements avec les forces de l’ordre.
Contexte politique
Cette manifestation non autorisée, marquée par la présence de sympathisants d’extrême droite, avait pour but d’attirer l’attention du gouvernement par intérim sur les difficultés rencontrées par les éleveurs. Toutefois, elle s’est rapidement transformée en une plateforme pour diffuser les messages du parti d’extrême droite AUR.
Les observateurs roumains s’interrogent sur l’ampleur de cette contestation, certains évoquant une crise politique persistante. En juin dernier, le président roumain, Nicusor Dan, avait proposé au libéral Adrian Vestea le poste de Premier ministre, mais ce dernier n’a pas réussi à obtenir la majorité au Parlement. La Constitution n’imposant pas la tenue d’élections anticipées, la situation demeure bloquée. Selon des sondages récents, le parti d’extrême droite AUR pourrait atteindre 40 % des intentions de vote en cas de nouvelles élections.
Source : Adevarul, Romania Journal

