BTP en crise : budgets sous tension et chantiers menacés
Le secteur du bâtiment et des travaux publics dans le Gers est en quête d’un second souffle. Face à des budgets contraints et des chantiers reportés, plus de 48 millions d’euros d’investissements départementaux sont nécessaires pour soutenir cette industrie en difficulté.
À Auch, lors de l’assemblée générale de la Fédération du BTP du Gers, élus départementaux et municipaux ont exposé leurs projets. Le message était clair : malgré des finances serrées, il est impératif que la commande publique continue de soutenir un secteur en crise. La présidente de la FFB 32, Nathalie Lacroix, a souligné l’urgence : « Nos entreprises ont besoin de chantiers. Elles ont besoin de perspectives. »
Le poids du Département
Le vice-président Jean-Pierre Cotte a annoncé que le Département, en tant que premier donneur d’ordre, allouera plus de 48 millions d’euros en 2026 pour des opérations liées au bâtiment et aux travaux publics. Parmi ces fonds, près de 42 millions seront consacrés aux infrastructures et réseaux, incluant la finalisation de la RD 1 224. En outre, 4,2 millions seront destinés aux bâtiments départementaux et 2,6 millions aux projets territoriaux, tout en tenant compte de l’entretien de 3 800 km de routes et d’un plan d’adaptation au changement climatique.
Sur le projet de gymnase du collège de Fleurance, le vice-président en charge de l’Éducation, Jérôme Samalens, a admis qu’il faudrait redimensionner le projet en raison des contraintes budgétaires.
87 millions d’euros jusqu’en 2030 à l’Agglo
Concernant l’agglomération du Grand Auch, Jérôme Samalens a mentionné un investissement de 13 millions d’euros sur cinq ans pour le patrimoine communautaire, ainsi que 87 millions d’euros programmés jusqu’en 2030 pour le renouvellement urbain du Grand Garros, dont 65 % des marchés bénéficient déjà à des entreprises locales. Cependant, la zone économique de Naréoux est actuellement bloquée par des études exigées par la SNCF.
Des projets à Auch
L’adjoint à la ville d’Auch, Christophe Loizon, a mis en avant deux projets majeurs : la poursuite des travaux de la caserne Espagne et le projet de Naréoux, jugé essentiel pour l’attractivité économique. Il a également évoqué la modernisation des écoles et la revitalisation du centre-ville, tout en respectant la contrainte du « zéro artificialisation ».
Frédéric Carré, nouvellement élu à la tête de la FFB nationale, a élargi le débat aux enjeux nationaux, mentionnant 13 000 défaillances d’entreprises et la nécessité de relancer le logement neuf et la rénovation énergétique. Il a qualifié la réforme de la filière REP de « véritable scandale » et a promis de remettre l’activité, l’adhérent, l’innovation et la formation au cœur de son mandat.
Source : La Dépêche du Midi
