Présidentielle en France : Bruno Retailleau, le LR, cherche à élargir son chemin vers l’Élysée
Candidat depuis près de deux mois, Bruno Retailleau, membre des Républicains (LR), peine à faire décoller sa campagne présidentielle. Ce week-end, l’ancien ministre de l’Intérieur se produira pour son premier grand meeting à Paris, bien que l’unité affichée au sein de son parti semble n’être qu’une façade.
Au départ, cet événement au parc Floral devait être un moment clé de la campagne, représentant l’unité d’une famille politique et répondant à une attente de l’opinion publique. Cependant, alors que d’autres figures politiques comme Gabriel Attal et Édouard Philippe se préparent à leurs propres meetings, l’importance de cet événement a été revue à la baisse, le qualifiant désormais de « passage obligé » plutôt que de « moment décisif ».
Un rassemblement qui peine à se faire
Cette réévaluation traduit une réalité plus préoccupante pour Retailleau : son taux d’intentions de vote stagne autour de 10 % dans les récents sondages. Malgré un soutien solide de la base militante et un renforcement de son emprise sur le parti, il peine à rassembler les grandes figures de la droite. Des personnalités comme Laurent Wauquiez et Xavier Bertrand seront absentes du meeting, le premier plaidant pour une primaire ouverte et le second critiquant les positions de Retailleau sur l’extrême droite. Bien que Valérie Pécresse, Michel Barnier et Gérard Larcher soient présents, ils appellent à un candidat unique de la droite et du centre, même s’il ne provient pas des Républicains. Cette situation soulève des inquiétudes quant à la possibilité que Retailleau s’enlise dans sa candidature, risquant de disperser les voix du bloc central et d’ouvrir la voie à un second tour entre le RN et LFI lors de la présidentielle de 2027.
Une stratégie à ajuster
Pour l’instant, Retailleau refuse de se retirer de la course. Avant l’été 2026, il est encore trop tôt pour un parti qui doit impérativement désigner un candidat. Cependant, sa stratégie semble nécessiter des ajustements. Sa proposition phare, la modification de la Constitution pour permettre un référendum sur l’immigration, ne sera finalement présentée qu’à la rentrée. De plus, il prévoit de publier un livre à la fin de l’été, espérant ainsi améliorer sa position dans les sondages à l’automne. L’objectif est d’élargir un socle électoral jugé trop conservateur, mais le chemin vers l’Élysée est perçu comme étroit, selon les dires de l’un de ses proches soutiens.
Source : RFI
