Les regrets des Britanniques, 10 ans après le Brexit
Près de six Britanniques sur dix regrettent aujourd’hui le retrait de leur pays de l’Union européenne, considérant le Brexit comme une erreur n’ayant eu que des effets négatifs. Un retour à l’Europe des 28 ne semble toutefois pas se dessiner.
Le 23 juin 2016, les Britanniques prenaient une décision historique en votant à 51,9 % pour quitter l’Union européenne lors d’un référendum, avec une participation de 72,2 %. Le retrait officiel du Royaume-Uni n’a eu lieu que le 31 janvier 2020.
Dix ans après ce vote, les sondages montrent que 57 % des Britanniques estiment avoir fait le mauvais choix en quittant l’UE, selon des données de YouGov. Cette perception a évolué au fil des ans, passant d’une opinion partagée à une majorité convaincue que le Brexit a été une erreur, exacerbée par les conséquences de la pandémie de Covid-19.
Les Britanniques jugent que le Brexit a eu un impact négatif sur divers aspects de leur vie, notamment le coût de la vie (66 %), l’économie (65 %), les perspectives des jeunes (57 %) et l’immigration clandestine (56 %), selon un sondage du think tank ECFR (European Council on Foreign Relations). En revanche, les effets positifs sont rares, beaucoup déclarant ne pas savoir ou ne pas voir d’avantages.
Sur le plan économique, bien que le PIB britannique n’ait pas montré de décrochage significatif par rapport à d’autres économies avancées, il est estimé qu’il pourrait être de 6 à 8 % en dessous de la trajectoire qu’il aurait suivie sans le Brexit. Cette situation représente un manque à gagner plus important et durable que prévu.
Dans ce contexte, des termes comme « Breturn » ou « Breunion » émergent, avec 55 % des Britanniques favorables à un retour dans l’UE, un chiffre qui tombe à 35 % si cela implique l’adoption de l’euro et la participation à l’espace Schengen. Cependant, l’UE semble réticente à ouvrir le débat sur un retour, plusieurs pays considérant qu’elle se porte mieux sans le Royaume-Uni.
Un rapprochement entre Bruxelles et Londres est cependant en cours, avec un sommet prévu le 22 juillet, malgré l’incertitude politique suite à la démission du Premier ministre Keir Starmer. Andy Burnham, favori pour le remplacer, a exprimé des réserves sur le Brexit, espérant un jour un retour dans la famille européenne.
Source : La Tribune