On se croyait un peu à l’abri des aléas climatiques
En Bretagne, la sécheresse et les fortes chaleurs de cet été ont lourdement impacté l’agriculture, avec des prairies grillées, une baisse significative des rendements et la mort de millions de volailles. Face à ces événements climatiques extrêmes, peu d’exploitations agricoles sont assurées contre les risques liés à la sécheresse. Actuellement, seulement 1 000 fermes, soit moins de 5 % du total régional, sont couvertes par une assurance climatique, selon le Crédit Agricole. Ce chiffre contraste avec le taux national évoqué par le ministère de l’Agriculture, qui est de 20 %, mais qui ne prend pas en compte les mêmes critères. Benoît Lucas, directeur général du Crédit Agricole du Finistère, a qualifié cette situation d’« insuffisante » lors du salon de l’élevage de Rennes, le 15 septembre.
Olivier Desportes, éleveur porcin à Guenroc et président du Crédit Agricole des Côtes-d’Armor, explique que la perception d’un climat océanique et tempéré a conduit les agriculteurs à croire qu’ils étaient à l’abri des aléas climatiques, avec l’idée que ces événements ne se produisent qu’une fois tous les 15 ans.
Les difficultés économiques rencontrées par le secteur agricole contribuent également à cette situation. Un rapport de la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale indique que de nombreux exploitants ont réduit leur couverture d’assurance en raison du contexte économique. Ce rapport souligne que, sous l’effet du changement climatique, la production agricole diminue, entraînant une baisse des pertes indemnisées, tandis que les primes d’assurance augmentent. Dans ce cadre, l’État prend en charge 70 % des cotisations d’assurance et indemnise mieux les assurés en cas de pertes élevées.
Face à cette réalité, Benoît Lucas a souligné la nécessité de « faire preuve de pédagogie » pour expliquer l’importance de l’assurance climatique. Les agriculteurs, confrontés aux conséquences des sécheresses récentes et au plan d’urgence d’un milliard d’euros mis en place par le gouvernement, montrent un intérêt accru pour ce sujet. Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, a récemment déclaré que si davantage d’agriculteurs s’étaient assurés, l’assurance aurait pu fournir des aides significatives.
Source : Le Télégramme.
