Une expression est revenue sur le devant de la scène, cette semaine, à cause des déclarations scandaleuses d’un policier municipal de Carcassonne, exclu du RN : les « brebis galeuses ». D’où vient cette formule si souvent utilisée par des dirigeants du RN et pourquoi colle-t-elle aujourd’hui à ce parti ?
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Le terme « brebis galeuses » est une expression ancienne, d’origine française, qui n’a pas ses racines dans la Bible. Elle reflète une vision organique de la nation et remonte au XVIIe siècle. La première mention documentée apparaît dans le journal d’Héroard, médecin du roi Louis XIII, en 1610 : « Et qu’ils étoient incorrigibles, que c’étoient brebis galeuses, et qu’il les faudroit renvoyer en leurs maisons. »
Cette expression a été reprise au fil des siècles pour désigner des individus jugés indésirables au sein d’un groupe. Au début du XXe siècle, Joseph Caillaux l’a utilisée pour critiquer des républicains corrompus. Plus récemment, des partis politiques comme l’UDR l’ont employée pour dénoncer des membres impliqués dans des scandales financiers.
Dans le contexte actuel, le Rassemblement National (RN) utilise cette expression pour se distancier de membres ayant des comportements jugés inacceptables. Avec Marine Le Pen à sa tête, le RN a mis en place une stratégie de « dédiabolisation ». Dès 2013, des membres ont été exclus pour des comportements inappropriés, comme des menaces de mort. En 2017, cette logique s’est renforcée, avec des sanctions contre des élus ayant tenu des propos racistes ou négationnistes.
Jordan Bardella, actuel président du RN, a également utilisé cette terminologie pour justifier des exclusions, témoignant d’une volonté de maintenir une image respectable pour le parti.
Cette utilisation politique de l’expression « brebis galeuses » constitue une stratégie pour prendre ses distances face à des scandales, et il est probable que nous continuerons d’en entendre parler dans le futur.
Source : Franceinfo

