Bovins interdits d'estivage en France : un plan B pour la moitié d'entre eux

Bovins interdits d’estivage en France : un plan B pour la moitié d’entre eux

La moitié des quelque 4000 bovins vaudois interdits d’estivage en France, afin d’éviter d’introduire la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) en territoire suisse, a pu trouver des places sur d’autres pâturages. L’autre moitié des vaches a toutefois été contrainte de rester à la ferme, occasionnant d’importants défis pour les agriculteurs et agricultrices concernés.

Parmi les 2000 animaux bénéficiant d’une solution alternative, la moitié a « trouvé une place sur d’autres alpages du canton », tandis que l’autre moitié est « dans d’autres régions ou sur d’autres exploitations en plaine », a indiqué Martin Pidoux, directeur de Prométerre, l’association vaudoise de promotion des métiers de la terre. Une bourse d’échange romande a été mise en place pour mettre en relation les éleveurs disposant de places d’alpage avec ceux cherchant des solutions pour leurs bêtes.

Martin Pidoux décrit les éleveurs concernés comme « résilients » mais aussi « désabusés » par la situation. « Même s’ils comprennent la nécessité de rester indemnes de DNC en Suisse, la majorité estime qu’un estivage en France aurait été possible, moyennant certaines précautions, comme des vaccins préalables ou une séparation stricte des animaux », explique-t-il.

Coup dur pour les paysans

Annoncée en février par l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV), la décision de priver les bovins d’estivage en France pour la saison 2026 a été un coup dur pour les paysans concernés. Environ 160 éleveurs vaudois représentant 4000 bêtes, principalement le long du Jura de La Rippe à Yverdon, ont été touchés. Une trentaine d’éleveurs genevois ainsi que quelques éleveurs neuchâtelois, jurassiens et fribourgeois représentant environ 2000 animaux sont également concernés.

Normalement, les vaches partent vers la mi-mai sur les pâturages d’altitude et ne reviennent en plaine qu’à la fin de l’été. Pour les paysans, les bovins restant à la ferme pendant cette période impliquent « forcément un gros travail supplémentaire, car il faut s’occuper de tous ces animaux en plus des autres travaux », souligne Martin Pidoux.

Alimentation, chaleur et fumier

Pour les éleveurs n’ayant pas trouvé de solution alternative, la question de l’alimentation constitue le défi principal. Alors que sur le pâturage, les bovins broutent l’herbe à disposition, la situation se complique pour ceux restés à la ferme. « Il faut disposer de fourrage pour les nourrir, soit en puisant dans les stocks des années précédentes, soit en consacrant plus de surfaces fourragères, soit en achetant ce fourrage à des collègues », précise Pidoux.

La gestion de la chaleur estivale en plaine pose également des soucis. « Avec ces températures, on garde les vaches à l’intérieur, certaines exploitations possèdent des ventilateurs », indique le député au Grand Conseil vaudois et agriculteur José Durussel.

La situation complique aussi le bilan de fumure, car les déjections supplémentaires des animaux restés à la ferme augmentent le volume de fumier, ce qui peut impacter les paiements directs des agriculteurs.

Aides en discussion

Malgré ces difficultés, José Durussel souligne la « vraie solidarité entre les éleveurs », qui a permis de trouver des solutions sur d’autres alpages, parfois jusqu’en Valais. Des aides financières pour les éleveurs touchés sont actuellement en discussion, tant au niveau cantonal que fédéral, indique Prométerre, bien qu’aucune décision n’ait encore été prise.

Assouplissements

Dans sa réponse à une résolution du député PLR Pierre-François Mottier, le Conseil d’Etat vaudois a exprimé son ouverture à autoriser temporairement, sous certaines conditions, l’augmentation du nombre de bêtes prévues sur les pâturages. Des dérogations concernant le bilan de fumure sont également envisagées. Cependant, le Conseil d’Etat n’envisage pas, pour l’heure, de permettre le pâturage en forêt, ni d’assouplir les règles d’utilisation des surfaces de promotion de la biodiversité.

Source : ats/kkub

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