Bouilloires thermiques : des logements neufs concernés malgré un bon DPE
Bien que certains logements affichent un bon diagnostic de performance énergétique (DPE), ils deviennent invivables lors des épisodes de canicule. Ce phénomène est attribué à des normes de construction qui ne sont pas toujours respectées.
Au cœur de l’hiver, un logement neuf avec une bonne performance énergétique as un confort thermique. Cependant, lors des vagues de chaleur, certaines de ces maisons se transforment en véritables « bouilloires ». À Clichy, près de Paris, une résidente a témoigné vivre dans l’obscurité pour tenter de conserver un peu de fraîcheur. Son appartement, acquis sur plan et construit en 2021, est classé B au DPE. Malgré cela, des aménagements font entrer la chaleur à l’intérieur. Elle souligne que les volets roulants, bien que protecteurs, conservent également la chaleur, et que l’isolation en polyuréthane se révèle inefficace contre la chaleur.
Un syndicat professionnel a révélé que 35 % des logements classés A ou B ne garantissent pas un confort estival adéquat. Cette situation soulève des questions sur la pertinence des normes actuelles. Anne-Sophie Perrisin-Fabert, déléguée générale de l’Industriels des solutions électriques et numériques du bâtiment (IGNES), déplore que des constructions destinées à durer 100 ans ne soient pas adaptées à l’évolution climatique.
En 2020, l’État a renforcé les exigences pour les bâtiments neufs, visant à réduire leur impact environnemental et à améliorer leur résistance à la chaleur. Toutefois, des promoteurs immobiliers expriment des préoccupations quant aux coûts et à la viabilité économique de ces changements. La Fédération française du bâtiment évoque des surcoûts sous-évalués et des emplois menacés.
Fin 2021, un nombre record de permis de construire a été déposé, mais le démarrage des chantiers a stagné. Des constructeurs auraient anticipé les nouvelles normes en soumettant leurs dossiers en avance, cherchant ainsi à éviter les ajustements nécessaires. La fédération des promoteurs a reconnu que certains avaient effectivement échappé aux nouvelles réglementations.
Cette situation soulève des inquiétudes quant à l’avenir des constructions récentes et leur capacité à faire face aux défis climatiques à venir.
Source : Franceinfo
