Au-dessus de l’Atlantique sud, le bouclier magnétique terrestre s’affaiblit
Trois mille kilomètres sous nos pieds, le fer liquide du noyau externe génère un champ magnétique qui enveloppe la planète. Cependant, au-dessus du Brésil et de l’Atlantique sud, ce bouclier invisible faiblit à tel point que les opérateurs de satellites doivent désactiver leurs instruments sensibles avant chaque passage. Cette zone, la plus faible magnétiquement de la Terre, permet aux particules énergétiques de descendre plus près de la surface, perturbant régulièrement l’électronique embarquée.
L’anomalie de l’Atlantique sud, décrite pour la première fois en 1958, est caractérisée par un champ magnétique faible dont les mécanismes demeurent mal compris. Les irrégularités profondes dans le noyau terrestre sont souvent citées comme cause de cette faiblesse.
Depuis 2013, l’Agence spatiale européenne, grâce à la constellation Swarm, suit cette anomalie de manière continue. Entre 1970 et 2020, l’intensité minimale du champ a chuté d’environ 24 000 nanoteslas à 22 000, avec un déplacement vers l’ouest d’environ 20 km par an. De 2014 à 2025, la surface où le champ est le plus faible a augmenté de 0,9 % de la surface totale de la Terre, et le point d’intensité minimale a diminué de 336 nanoteslas, passant de 22 430 nT à 22 094 nT.
Plus récemment, une seconde zone de faible intensité a émergé au sud-ouest de l’Afrique, signalant un possible dédoublement de l’anomalie. Ce phénomène complique la planification des orbites des satellites.
Bien que l’affaiblissement du champ magnétique suscite des inquiétudes concernant une éventuelle inversion des pôles magnétiques, les scientifiques affirment qu’il n’y a aucune indication d’un tel événement imminent. L’anomalie ne semble pas avoir d’impact sur la vie quotidienne des habitants de la région.
Sources : XploraSpace, Futura Sciences

