Boualem Sansal évoque son souhait de procès plutôt que de grâce après sa détention en Algérie

« Je ne voulais pas être gracié, je voulais un vrai procès » : à Nice ce mardi, l’écrivain Boualem Sansal revient sur sa détention en Algérie

Boualem Sansal : « Je ne voulais pas être gracié, je voulais un vrai procès »

Nice, ce mardi. L’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, membre de l’Académie française, s’est exprimé au Centre universitaire méditerranéen (CUM) lors d’une conférence dédiée à son dernier ouvrage, La Légende, publié le 2 juin dernier aux éditions Grasset.

Sansal a partagé ses réflexions sur sa détention en Algérie, où il a été emprisonné de novembre 2024 à novembre 2025. « Je suis fatigué, un peu déçu par plein de choses, malade, mais bon, le moral n’est pas si mauvais que ça. Déçu parce que je ne voulais pas être gracié. Je porte ça comme une honte, comme une bles », a-t-il déclaré. Il a également exprimé son souhait de bénéficier d’un véritable procès, accompagné de son avocat et d’observateurs internationaux, plutôt que d’une grâce qu’il juge injustifiée.

L’écrivain a dénoncé le silence des Algériens vivant en France, évoquant la peur d’éventuelles arrestations à leur retour en Algérie. Il a aussi abordé la polémique entourant son départ de Gallimard pour Grasset, où il a été accusé de sympathie politique. « C’est une polémique inventée par Gallimard. On a parfaitement le droit de quitter son éditeur », a-t-il affirmé, tout en soulignant qu’il ne se considère pas comme un homme de politique, mais comme un écrivain.

Concernant son livre, Sansal a précisé que le tirage initial était de 150 000 exemplaires, avec des ventes estimées entre 65 000 et 70 000, en tenant compte des ventes dans les pays francophones. Il a noté que la cabale médiatique a eu un impact sur ces chiffres, mais que la baisse du marché de l’édition, avec une contraction de 23 % en France et 25 % en Allemagne, a également joué un rôle.

Interrogé sur ses précédentes déclarations concernant son avenir en France, il a précisé qu’il ne compte pas quitter le pays, qualifiant ses propos d’avril dernier de boutade.

Enfin, Sansal a annoncé son intention de porter plainte contre le président algérien Abdelmadjid Tebboune et le régime algérien devant les juridictions internationales. Son avocat a déjà préparé le dossier, mais la démarche est actuellement suspendue à la demande des autorités françaises, afin d’éviter des représailles sur un journaliste algérien détenu.

Source : Nice Matin

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