Bordeaux refuse un legs d’objets d’art africains pour hâter leur restitution
La Ville de Bordeaux a pris une décision marquante en refusant, le 1er juin 2026, un legs privé de 53 biens culturels issus de sept pays africains, dont le Gabon. Ce legs, d’une valeur totale estimée à 30.810 euros, provenait d’une ancienne sage-femme ayant exercé dans ces pays et décédée en 2022. Les objets, comprenant des œuvres d’art et des bijoux touaregs, sont actuellement conservés au Musée d’Aquitaine.
Les pièces concernées proviennent principalement du Gabon, mais également du Nigeria, du Niger, de la Côte d’Ivoire, de la République démocratique du Congo, du Burkina Faso et du Togo. L’ancienne municipalité écologiste avait déjà engagé des discussions avec le musée national des Arts, Rites et Traditions à Libreville, qui a exprimé en 2023 son souhait de récupérer 33 pièces du Gabon. La Côte d’Ivoire et le Nigeria ont également manifesté leur intérêt, tandis que les autres pays ont deux ans pour faire une demande, selon la délibération votée.
Le maire de Bordeaux, Thomas Cazenave, a souligné l’importance d’une politique muséale responsable et éthique. « Le rôle d’un musée au XXIe siècle n’est pas seulement de conserver mais aussi de dialoguer, de partager, de transmettre », a-t-il déclaré.
Une délégation gabonaise a assisté au conseil municipal, marquant un tournant historique, car il s’agit de la première restitution d’une collection au Gabon en provenance de la France. Bernice Abegue Owono, déléguée permanente du Gabon à l’Unesco, a qualifié cet événement de « historique » et a exprimé l’espoir qu’il soit le début d’une nouvelle ère pour la restitution des objets culturels.
Le 7 mai 2026, un cadre législatif facilitant la restitution d’œuvres pillées durant la colonisation française a été adopté par le Parlement, concrétisant une promesse du président Emmanuel Macron. Toutefois, les restitutions demeurent rares, et le refus du legs à Bordeaux ne s’inscrit pas dans ce cadre.
Source : 20 Minutes
