Bordeaux : « Instrumentalisation » contre « dérapage », après la Métropole, les finances publiques pointent la « dégradation » des comptes de la mairie

Instrumentalisation contre dérapage : la situation financière de Bordeaux en question

Le maire de Bordeaux a transmis un courrier aux groupes politiques le 15 juin, en vue de la présentation d’un double audit des finances de la Métropole et de la Ville, prévu dans les quinze jours. Ce courrier vise à clarifier la situation budgétaire actuelle et à préparer un débat budgétaire au conseil municipal le 6 juillet. Selon un proche du maire, cette démarche vise à « dire publiquement et de façon transparente quelle est la situation si on ne fait rien, ce qu’on peut faire et ce qu’on ne peut pas faire ».

Thomas Cazenave, en charge des finances, a évoqué une « finitude des ressources financières » et un « effet ciseau compliqué » entre la diminution des ressources, le retrait de cofinanceurs en crise, et la dette à rembourser. Il a également promis de ne pas augmenter les impôts locaux durant six ans. Ce contexte financier difficile est accentué par la prévision que l’État ne sera pas plus généreux en 2026 et 2027.

La municipalité, dirigée par le maire écologiste Pierre Hurmic, a mis en avant sa stratégie d’« investir comme jamais pour la transition », malgré une « restriction croissante des moyens ». Le budget 2023 prévoit un niveau record d’investissements de 160,5 millions d’euros, destiné à des projets variés, y compris la rénovation du parc Lescure et la végétalisation de plusieurs espaces publics.

L’opposition de droite critique cette approche, la qualifiant de « déni » et de « dérapage électoraliste ». La Direction Générale des Finances Publiques (DGFIP) a constaté une hausse des charges et un « tassement » des recettes, ce qui pourrait contraindre à un recours accru à l’emprunt. Un membre de l’opposition a suggéré que ces informations auraient été plus pertinentes si elles avaient été communiquées durant la campagne électorale.

Claudine Bichet, ancienne première adjointe aux finances, a contesté l’interprétation de ces données, arguant qu’elles pourraient être utilisées pour discréditer la gestion actuelle. Elle a rappelé que la Ville ne se trouve pas dans le réseau d’alerte, selon le courrier de la DGFIP, qui évoque un seuil d’alerte fixé à 9 ans.

En chiffres, la dette de la Ville est passée de 271 millions d’euros en 2020 à 447 millions d’euros prévue pour 2026, avec une capacité de désendettement de 10,5 ans en 2026 et 11,7 ans en 2028. L’encours de la dette est estimé à 1 536 euros par habitant d’ici 2025, tandis que l’autofinancement net pour le remboursement du capital de la dette est de 54 euros par habitant.

La situation financière de Bordeaux soulève ainsi des interrogations sur la gestion budgétaire et les choix politiques à venir, alors que le débat public s’intensifie.

Source : Sud Ouest

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