Une explosion nucléaire à 400 kilomètres d’altitude : l’essai Starfish Prime
Le 9 juillet 1962, à quelques secondes de 23 heures heure locale, une tête nucléaire explose à 400 kilomètres au-dessus du Pacifique, dans le cadre de l’essai Starfish Prime. Cet événement, orchestré par les États-Unis, n’a pas produit d’onde de choc audible ni de champignon classique, mais a illuminé le ciel hawaïen d’une lumière semblable à une aurore artificielle, visible jusqu’en Nouvelle-Zélande. Cette explosion a eu des conséquences durables sur l’espace proche de la Terre, endommageant plusieurs des premiers satellites civils.
L’opération Starfish Prime, le plus grand essai nucléaire mené dans l’espace, a été réalisée depuis l’atoll Johnston. Le missile Thor, transportant une tête thermonucléaire W49, a été lancé depuis cet emplacement, situé à environ 1 450 kilomètres à l’ouest-sud-ouest d’Hawaï. L’explosion, d’une puissance de 1,4 mégatonne, s’est produite à une altitude supérieure à celle de la Station spatiale internationale actuelle.
L’impact immédiat de cette explosion a été la libération d’électrons de haute énergie, qui se sont retrouvés piégés dans le champ magnétique terrestre, créant une ceinture de radiation artificielle. Ce phénomène a causé des dommages aux satellites en orbite basse, y compris Telstar 1 et Ariel 1, et a été reconnu par la NASA comme ayant augmenté l’intensité des niveaux d’électrons dans la ceinture de Van Allen.
L’essai Starfish Prime a également eu des répercussions politiques. En réponse aux dangers posés par les essais nucléaires dans l’espace, un traité international a été signé le 25 juillet 1963, interdisant les essais nucléaires atmosphériques et exoatmosphériques. Cet événement a mis en lumière la vulnérabilité des satellites face aux radiations, un sujet de préoccupation qui demeure pertinent aujourd’hui, alors que des milliers de satellites commerciaux opèrent dans les mêmes couches de l’espace.
Source : This Day in Aviation | Discover Magazine



