Incursions de Boko Haram : un soutien croissant des cadres camerounais
Au Cameroun, dans la région de l’Extrême-Nord, les incursions menées par des factions armées issues de Boko Haram le long de la frontière camerounaise sont devenues quasi quotidiennes, particulièrement dans les départements du Mayo-Sava et du Mayo-Tsanaga.
Depuis l’émergence de Boko Haram au début des années 2000, cette région est exploitée par divers groupes nigérians comme une zone de ravitaillement, s’appuyant de plus en plus sur des commandants camerounais. Célestin Delanga, chercheur à l’Institut des études de sécurité (ISS) à Maroua, souligne qu’au cours des cinq dernières années, des combattants camerounais ont accédé à des postes de commandement au sein de groupes tels que Jama’tu Ahlis Sunna Lidda-awati wal-Jihad (JAS).
Les activités des factions incluent des vols de vivres, de récoltes, de bétail et des kidnappings, permettant ainsi de financer leurs opérations. Ces groupes nomment plusieurs Camerounais au rang de « caïd », qui peuvent commander jusqu’à 400 insurgés. Delanga indique que ces individus, familiers du terrain, sont capables d’orienter leurs compagnons sur les routes à éviter en raison de la présence militaire.
L’an dernier, la région de l’Extrême-Nord a enregistré le plus grand nombre d’attaques dans le bassin du lac Tchad, dépassant d’autres zones comme l’État de Borno au Nigeria, bien que ce dernier reste le plus touché par la violence. Les arrondissements de Kolofata et de Mora sont particulièrement affectés, où les villageois subissent des pillages et des kidnappings, souvent orchestrés par des bandes criminelles locales.
La situation sécuritaire est alarmante, et Célestin Delanga propose qu’un programme de désarmement ciblant les combattants camerounais connus pourrait inciter à la reddition, réduisant ainsi le nombre d’incursions sur le territoire.
Source : RFI

