Le Koweït face à une crise pétrolière majeure en raison du blocage du détroit d’Ormuz

Alors que le conflit au Moyen-Orient approche des six mois, le Koweït se retrouve dans une situation de paralysie économique. Le pays, fortement dépendant de ses exportations pétrolières, est confronté à un défi majeur : comment acheminer son pétrole sans passer par le détroit d’Ormuz, qui reste sous le contrôle de l’Iran. Ce goulot d’étranglement est vital, car le Koweït détient 6% des réserves mondiales de pétrole, et ce dernier représente plus de 90% de ses recettes publiques.

Le PDG de la Kuweit Petroleum Company (KPC), Cheikh Nawaf Saud al-Sabah, a déclaré : « Il s’agit sans aucun doute de la crise la plus grave qu’ait connue le secteur pétrolier depuis l’invasion du pays par l’Irak en 1990. » En effet, cette période avait vu des destructions massives d’infrastructures pétrolières, mais les conséquences économiques actuelles sont également significatives, avec un recul du PIB de 4,6% sur un an au premier trimestre.

La situation s’aggrave avec des frappes régulières venues d’Iran, ciblant notamment les infrastructures énergétiques du Koweït. « Cette crise nous a confrontés à un nouveau défi », a souligné Cheikh Nawaf, qui travaille depuis un bureau provisoire après qu’une frappe de drone a touché le siège de la KPC en avril. Les experts s’accordent à dire que la dépendance du Koweït à Ormuz constitue une vulnérabilité stratégique.

Amena Bakr, analyste chez Kpler, a noté que bien que le pays dispose des ressources financières pour faire face à un choc temporaire, l’absence d’une route sécurisée pour l’exportation de pétrole pourrait avoir des conséquences durables sur l’économie.

Alors que la guerre continue et que les négociations stagnent, le Koweït reste attentif à la situation dans le détroit, où des attaques de navires sont fréquentes. « Une fois qu’il sera rouvert, la libre circulation reprendra et nous pourrons revenir à nos niveaux de production d’avant-guerre, et même plus », a déclaré Nawaf Saud al-Sabah. Avant le conflit, le pays produisait environ 2,6 millions de barils par jour, avec un objectif d’atteindre 4 millions d’ici 2040.

En attendant, des mes d’adaptation sont mises en place. Les installations énergétiques éteignent leurs lumières la nuit, et des structures métalliques sont construites autour des réservoirs de pétrole pour les protéger d’éventuelles frappes. La prolongation de la guerre suscite un sentiment de frustration parmi certains Koweïtiens, qui expriment des critiques à l’égard des troupes américaines.

Source : BFM TV

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