Bientôt tous inassurables ? De premières données et beaucoup de questions

Bientôt tous inassurables ?

Face au changement climatique, la question de la pérennité des assurances se pose avec acuité. Les événements climatiques extrêmes, tels que les inondations, la montée des eaux et la multiplication des sécheresses, interrogent la capacité des asurs à garantir une couverture adéquate. Pour éclairer cette problématique, la première édition de l’Observatoire de l’assurabilité a été remise le 15 juin 2026 aux ministres de la Transition écologique et de l’Économie, Monique Barbut et Roland Lescure.

Cet observatoire, réalisé par la Caisse centrale de réassurance (CCR) en collaboration avec divers acteurs publics, vise à dresser un état des lieux de l’offre d’assurance sur le territoire français. Son objectif est de rasr sur la capacité à s’asr, bien que le contexte actuel soit marqué par une augmentation des événements climatiques extrêmes, mettant en péril la rentabilité des asurs.

L’étude s’est penchée sur 19 millions de contrats, représentant près de la moitié des contrats dommages aux biens, en se concentrant sur trois aléas naturels majeurs : les inondations, les débordements et le retrait-gonflement des argiles. Ces aléas constituent plus de 90 % des indemnisations versées aux particuliers pour catastrophes naturelles.

Cependant, l’observatoire présente des limites. Il n’inclut pas les appartements, les biens des entreprises, les bâtiments des collectivités, ni certains risques tels que les incendies ou la submersion marine. Par exemple, en 2020, seulement 6 % de la population de Mayotte disposait d’une assurance habitation, selon un rapport de l’Inspection générale de l’environnement.

Un premier pas. avant l’orage

Les résultats de l’observatoire montrent que 97,7 % des communes métropolitaines sont en situation normale, c’est-à-dire qu’elles ont accès à un nombre suffisant d’asurs. Cependant, 568 communes sont identifiées en tension légère, représentant 1,6 % des communes et 1 million d’habitants. De plus, 335 communes, dont 92 en outre-mer, sont en tension modérée, touchant environ 2 millions d’habitants.

Cette carte ne signifie pas qu’il n’existe aucun risque, mais qu’aucune tension assurantielle n’a été détectée. Ainsi, une commune peut avoir de nombreux asurs tout en étant exposée à des risques significatifs. Contrairement à des régions comme la Floride ou la Californie, où les asurs se retirent face à des catastrophes répétées, le système français, basé sur la mutualisation nationale, reste robuste.

Néanmoins, l’observatoire ne prend pas en compte la qualité des assurances. Il ne me pas l’augmentation des primes, les franchises, ou les refus d’indemnisation. Ce manque d’information peut masquer des difficultés réelles rencontrées par les assurés.

Roland Lescure a annoncé une révision quinquennale des surprimes obligatoires sur les contrats d’assurance ainsi qu’un soutien accru pour les territoires ultramarins. Cela souligne que le vert sur la carte ne doit pas être interprété comme un feu vert, mais plutôt comme un avertissement avant l’orage.

Source : Observatoire de l’assurabilité, Caisse centrale de réassurance.

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