À Bienne, une thérapeute aide les oiseaux déprimés à retrouver le goût de siffler

À Bienne, une thérapeute aide les oiseaux déprimés à retrouver le goût de siffler

Au refuge ornithologique Colonie des cygnes, à Bienne, Eva-Maria Suhm redonne de la bonne humeur aux oiseaux de la volière, avec des résultats remarquables.

12 août 2026 – 11:00

Munie de protections aux bras et de chauss solides, Eva-Maria Suhm entre dans la volière des deux perroquets gris du Gabon, Julia et Geoffrey. Sur son téléphone portable, elle lance la Petite musique de nuit de Mozart. « Julia siffle toujours avec ce morceau », explique-t-elle avant d’ajouter : « Julia, ma chérie, viens donc par ici ! »

Eva-Maria Suhm, thérapeute spécialisée, s’occupe des Gabon et des cacatoès du refuge deux après-midis par semaine. Son rôle consiste à stimuler et remonter le moral des oiseaux, qui auparavant « donnaient l’impression d’être déprimés », selon ses propres mots. Certains voltigeaient nerveusement, tandis que d’autres s’arrachaient les plumes.

Avant d’être nommée thérapeute, Suhm a travaillé comme remplaçante au refuge. En nettoyant les volières, elle a remarqué que les oiseaux recherchaient sa proximité. Elle a alors décidé de se former aux besoins spécifiques des perroquets et aux méthodes de travail adaptées.

Le refuge, fondé en 1897, accueille des oiseaux de compagnie abandonnés et sert de station de secours pour les oiseaux sauvages blessés ou orphelins. Il dispose également d’une trappe d’urgence où les oiseaux peuvent être déposés 24 heures sur 24.

Les premiers essais de vol

Julia, par exemple, avait vécu longtemps au sein d’une famille. « Elle ne savait pas voler, mais elle était très attachée aux humains et adorait la musique », raconte Suhm. En siffleur des mélodies avec elle, Julia a commencé à lui accorder sa confiance, lui permettant de grimper sur son bras. « À un moment, je l’ai suffisamment secoué pour que Julia n’ait d’autre choix que d’ouvrir ses ailes », se souvient-elle. Depuis, Julia a amélioré ses capacités de vol.

Eva-Maria Suhm a également obtenu des résultats avec deux cacatoès, Maggie et Nelson, qui s’ennuyaient et ne faisaient quasiment aucun bruit. En intégrant des boîtes en bois contenant des matériaux à détruire dans leur volière, elle a observé une amélioration notable de leur comportement.

Réflexion sur la captivité

Suhm exprime des sentiments mitigés sur son travail. « C’est par exemple le cas lorsque je rentre chez moi, dans la liberté, et que les oiseaux s’accrochent à la cage en sifflant après mon départ. » Elle conclut en affirmant que, bien qu’il soit impossible de rendre pleinement justice aux perroquets en captivité, elle souhaite tirer le meilleur de cette situation.

Source : SRF/Michelle Schwarzenbach

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