Betye Saar, pionnière de l'art afro-américain, est morte à 99 ans

Betye Saar, pionnière de l’art afro-américain, décède à 99 ans

L’artiste américaine Betye Saar est morte le 26 juillet à Los Angeles, dans son sommeil, à quatre jours de son centième anniversaire. Longtemps restée dans l’ombre, elle a été célébrée comme l’une des grandes figures de l’art contemporain américain. Elle laisse derrière elle des assemblages d’objets abandonnés, transformant les rebuts de l’histoire américaine en récits puissants de libération et de lutte contre le racisme.

Née Betye Brown le 30 juillet 1926 à Los Angeles, elle est diplômée en design de l’Université de Californie. Après avoir expérimenté la gravure, elle trouve son langage propre à la fin des années 1960 avec l’assemblage. Inspirée par les tours de rebuts de Simon Rodia à Watts, les œuvres de Joseph Cornell et les arts africains, elle crée de véritables « autels » vaudous mêlant objets trouvés, photographies et symboles ésotériques, où intimité, mémoire et spiritualité s’entrelacent.

À partir de la mort de Martin Luther King en 1968, son travail prend une dimension politique. Son œuvre The Liberation of Aunt Jemima (1972) est devenue une icône de la lutte contre le racisme et le sexisme. En transformant une figurine publicitaire représentant une servante noire stéréotypée en figure de résistance, elle remet en question les stéréotypes hérités de l’esclavage.

Son œuvre Black Girl’s Window (1969) recycle le cadre en bois d’une vieille fenêtre, dont les carreaux ont été remplacés par des peintures et des objets. La silhouette d’une jeune femme noire y apparaît à la fois enfermée et pleine d’aspirations.

Enseignante à partir des années 1980, Betye Saar a influencé plusieurs générations d’artistes, y compris sa fille, la sculptrice Alison Saar. Bien que tardives, de grandes rétrospectives au Los Angeles County Museum of Art et au MoMA de New York, en 2019-2020, ont finalement consacré son œuvre.

Source : Beaux Arts

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