Berlin et Paris dévoilent un plan pour réformer le SEAE, en réponse à son isolement.

Révélé : le plan Berlin-Paris pour un SEAE « mis à l'écart »

Révélé : le plan Berlin-Paris pour un SEAE « mis à l’écart »

Le Service européen pour l’action extérieure (SEAE) de l’Union européenne se retrouve au cœur d’un débat crucial, avec un diagnostic sévère émis par Berlin et Paris. Selon ces deux capitales, le SEAE a été « mis à l’écart », son pouvoir a « décliné », et les « frictions » avec la Commission européenne doivent impérativement cesser.

Dans cette optique, Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères, a proposé des réformes visant à redéfinir la politique étrangère de l’UE sans nécessiter de modifications des traités. Sa proposition a pour objectif de permettre à l’UE de « écrire sa propre histoire » tout en renforçant le rôle de Kaja Kallas, cheffe de la diplomatie européenne.

Cependant, Kallas s’oppose à ce projet franco-allemand, qui pourrait, de facto, affaiblir le SEAE. Le plan en discussion vise à accroître les pouvoirs du SEAE au sein de la Commission, en intégrant des domaines tels que la politique de développement et la politique de voisinage. Kallas a fait valoir que cela la soumettrait à la présidence d’Ursula von der Leyen, créant ainsi une compétition pour le contrôle de la politique étrangère à Bruxelles.

Ce projet, largement soutenu par l’Allemagne, a déclenché une lutte existentielle pour l’avenir du SEAE, créé en 2011 et souvent critiqué pour ses performances sur la scène internationale. Notons que la France et l’Allemagne n’ont pas consulté l’ensemble des États membres avant la récente réunion des ministres des Affaires étrangères à Wicklow, en Irlande, où leurs propositions ont été abordées pour la première fois. Selon des diplomates présents, la France n’a pas défendu son idée avec suffisamment de force, et le soutien à ce document a été mitigé.

Kallas, de son côté, tente de reprendre le contrôle sur l’avenir de son institution, en envoyant sa nouvelle secrétaire générale, Kasja Ollongren, dans les capitales européennes pour recueillir des idées. Johann Wadephul, ministre allemand des Affaires étrangères, cherche à s’approprier le processus, ayant annoncé une conférence à Berlin le 2 décembre. Il plaide également pour la suppression de l’exigence d’unanimité pour les décisions de politique étrangère de l’UE, affirmant qu’il souhaite mener à bien le processus de réforme dans les six mois à venir.

Source : Euractiv

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