Benyamin Netanyahou et Donald Trump : Une alliance devenue problématique
En 2019, Benyamin Netanyahou affichait fièrement sa relation avec Donald Trump, la présentant comme un atout majeur pour sa réélection. Des affiches montrant les deux hommes se serrant la main, accompagnées du slogan « Another League », illustraient cette proximité. Cependant, cette stratégie s’est retournée contre lui, le qualifiant désormais d’influence en déclin.
En juin 2026, Donald Trump a publiquement critiqué Netanyahou, le qualifiant de « putain de fou » et affirmant qu’il n’avait « aucun putain de jugement ». Ces remarques ont eu des répercussions concrètes, Washington ayant apparemment contraint Israël à renoncer à certaines frappes contre l’Iran et à limiter ses ripostes face au Hezbollah.
Les tensions entre les deux dirigeants ne sont pas nouvelles. Trump s’était déjà emporté contre Netanyahou après que ce dernier ait félicité Joe Biden pour sa victoire en 2020. Toutefois, la situation actuelle est d’une ampleur différente, survenant à un moment critique pour le Premier ministre israélien, à l’approche des élections législatives de l’automne.
Netanyahou a bâti son image politique sur sa capacité à résister aux pressions internationales en matière de sécurité et sur sa relation avec Washington. Aujourd’hui, ces deux piliers sont en contradiction. Le Premier ministre doit choisir entre s’opposer aux décisions américaines pour maintenir son image de dirigeant inflexible ou céder pour préserver l’apparence d’une alliance solide.
L’opinion publique israélienne semble déjà se détourner de lui. Lors des dernières élections, sa coalition n’a obtenu qu’une minorité relative des voix, et une partie significative des électeurs souhaite qu’il quitte le pouvoir.
Les conflits prolongés avec l’Iran et le Hezbollah ont encore fragilisé la position de Netanyahou. Au départ, de nombreux Israéliens croyaient en des résultats décisifs, mais ces attentes se sont révélées irréalistes. Aujourd’hui, le scepticisme prédomine quant à l’issue de ces engagements militaires.
Netanyahou espérait capitaliser sur sa relation avec Trump en organisant une visite spectaculaire en Israël avant les élections, mais ce projet semble désormais hors de portée. L’annonce d’un accord intérimaire avec l’Iran a conduit son parti à renoncer à une campagne centrée sur ses liens avec le président américain.
Cette évolution souligne une réalité plus large : la relation entre les deux hommes a toujours reposé sur des intérêts convergents, sans loyauté durable. Alors que Trump a longtemps affiché des positions favorables à Israël, celles-ci étaient également motivées par des considérations politiques internes.
À me que le conflit avec l’Iran s’est enlisé, les priorités des deux dirigeants ont divergé. Netanyahou nécessitait des succès rapides pour convaincre les électeurs, tandis que Trump cherchait à stabiliser la situation et à limiter les conséquences économiques. En l’absence de résultats rapides, Trump a choisi de freiner l’escalade et de privilégier un accord, même imparfait.
Dans ce contexte, Netanyahou apparaît affaibli, pris entre des contraintes contradictoires et un électorat de plus en plus critique. Pour lui, l’enjeu est désormais existentiel sur le plan politique, tandis que pour Trump, il s’agit d’un calcul stratégique parmi d’autres.
Source : The Atlantic
