Reportage au coeur des bastides provençales, trait d’union entre passé et présent

Patrimoine immuable du paysage provençal : les bastides entre passé et présent

Les bastides, ces maisons de campagne historiques de la noblesse provençale, continuent de fasciner par leur patrimoine architectural et culturel. Aujourd’hui, certaines d’entre elles retrouvent une seconde vie, soigneusement restaurées pour devenir des musées, hôtels ou lieux culturels.

Situées au cœur des paysages pittoresques de Provence, entre Aix-en-Provence et Marseille, dans le Luberon ou les Alpilles, ces bastides témoignent d’un art de vivre méridional ancré dans l’histoire. Longtemps utilisées comme demeures agricoles, elles ont évolué pour devenir des résidences d’été pour la bourgeoisie et la noblesse. Mylène Margail, guide conférencière et cofondatrice de Secrets d’ici, souligne : « Une bastide, ce n’est pas juste une belle maison. C’est avant tout un domaine agricole, lié à un territoire et à une manière d’habiter la campagne. »

Les premières bastides, héritières des villae gallo-romaines, apparaissent au XVIe siècle et connaissent leur apogée aux XVIIe et XVIIIe siècles. À cette époque, Aix, capitale régionale, voit de nombreuses familles aisées construire des résidences secondaires à proximité de la ville. Ces demeures deviennent des lieux de villégiature, offrant à leurs propriétaires une échappatoire lors des fortes chaleurs ou des épidémies.

Autour d’Aix-en-Provence, plusieurs bastides, bien que souvent discrètes, conservent des histoires uniques. Le château de la Mignarde, construit en 1670 et classé Monument historique, a accueilli Pauline Bonaparte. Le Jas de Bouffan, propriété de Paul Cézanne, est désormais ouvert au public et a vu naître certaines de ses œuvres les plus célèbres.

Les propriétaires de ces bastides s’engagent souvent dans des projets de restauration ambitieux. À Puyricard, le château de la Calade, appartenant à la même famille depuis cinq siècles, va bénéficier d’importants travaux soutenus par la Mission Patrimoine, avec un budget dépassant un million d’euros. Cependant, la préservation de ces bâtisses reste un défi, notamment en raison des héritages successifs et des transformations non planifiées au fil du temps.

Alexandre Lafourcade, à la tête d’un cabinet d’architecture spécialisé dans la rénovation de grandes demeures, explique : « Quand nos clients achètent ces maisons, il faut souvent tout reprendre de fond en comble pour recréer une histoire. » Les rénovations sont réalisées dans le respect de l’architecture d’origine, intégrant des équipements modernes sans altérer l’apparence des bâtiments.

Les acheteurs, souvent internationaux et fortunés, recherchent l’environnement et le climat provençal. Des projets emblématiques, comme le Domaine de Fontenille à Lauris, illustrent cette tendance, transformé en hôtel haut de gamme. Ces restaurations contribuent également à revitaliser des bâtiments délaissés, créant des emplois et soutenant l’artisanat local.

En somme, les bastides, symboles d’un art de vivre ancré dans le terroir, continuent de traverser les âges, alliant patrimoine et modernité. Leur capacité d’adaptation et leur attrait perdurent, façonnés par le temps et ceux qui les habitent.

Source : Made in Marseille.

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