« Concurrence déloyale », « manque de contrôles »… Des bars et restaurants dénoncent la multiplication des guinguettes et des cabanes à huîtres dans le pays de Vannes

Concurrence déloyale : La polémique des guinguettes et cabanes à huîtres à Vannes

La création de la guinguette Grand Rivage sur la rive gauche du port de Vannes suscite de vives inquiétudes parmi les cafetiers et restaurateurs du Sud-Morbihan. Selon Bruno Kerdal, président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) du Morbihan, ce phénomène s’ajoute à une concurrence déjà exacerbée par la grande distribution et les boulangeries. Il souligne que les bars et restaurants n’ont pas constaté une augmentation de leur clientèle cette année, et que le chiffre d’affaires a baissé de 20 % en juillet 2026 par rapport à juillet 2025.

Les cafetiers-restaurateurs dénoncent une concurrence qu’ils jugent « déloyale ». Lionel Dhermy, patron du Bar de la plage à Arzon, évoque des investissements de 500 000 à 600 000 euros pour les établissements traditionnels, alors que les gérants de guinguettes ne paient souvent qu’un loyer annuel de moins de 50 000 euros, sans avoir à s’acquitter de droits de terrasse ni d’impôts sur les bâtiments.

Le maire d’Arzon, Olivier Denfer, défend l’installation de ces établissements, arguant qu’ils répondent à un besoin touristique croissant. Cependant, Kerdal s’inquiète d’un manque de régulation qui pourrait déséquilibrer l’offre locale au profit des recettes communales.

Les gérants de guinguettes, comme Frédéric Brunet et Margaux Kleitz, font état de la précarité de leur activité, avec des redevances annuelles pour leurs établissements variant entre 14 140 et 21 510 euros, plus un pourcentage de leur chiffre d’affaires. Kleitz, qui a investi 200 000 euros pour ouvrir son établissement, souligne les risques d’expulsion qui mettraient en péril sa situation financière.

Par ailleurs, des ostréiculteurs, bénéficiant d’une autorisation préfectorale pour installer des bars à huîtres, sont également critiqués pour dépasser les limites de leur activité. Selon Kerdal, certains continuent de servir après 22 heures et organisent des concerts, malgré les restrictions en vigueur.

La situation soulève des questions sur la nécessité de contrôles plus stricts pour garantir une concurrence équitable dans le secteur de la restauration.

Source : Le Télégramme

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