Des similitudes inquiétantes entre le crédit privé actuel et la crise des subprimes
Pour la Banque de France, certains signaux liés à la situation actuelle du crédit privé ressemblent à ceux observés avant la crise des subprimes de 2008. De plus en plus d’investisseurs aux États-Unis parient sur une chute imminente de ce marché.
Le crédit privé, considéré comme une nouvelle bombe à retardement sur les marchés financiers, est en pleine expansion. La Banque de France a établi un parallèle entre la dette « privée », accordée par des prêteurs non bancaires aux entreprises, et les subprimes qui ont conduit à la dernière grande crise financière. Agnès Bénassy-Quéré, seconde sous-gouverneure de la Banque de France, a déclaré : « On voit réapparaître des ingrédients qui nous font penser à la crise passée ». Les montants en jeu sont estimés à environ 1 500 milliards de dollars, un chiffre comparable à celui des subprimes en 2008.
Un marché « assez opaque »
Le marché du crédit privé, en développement depuis une dizaine d’années, fait face à une période de défiance, surtout aux États-Unis. Les investisseurs s’inquiètent d’une possible hausse des taux de défaut parmi certaines entreprises, notamment dans le secteur des logiciels. Certains d’entre eux choisissent de retirer leurs investissements. La Banque de France souligne que l’exposition croissante du crédit privé au secteur de l’intelligence artificielle rend cette classe d’actifs vulnérable à des révisions à la baisse des prévisions de revenus.
Agnès Bénassy-Quéré a également noté que le crédit privé est « assez opaque en termes de valorisation », ce qui complique la compréhension de la structure de propriété des actifs. Ce phénomène est en partie dû à la titrisation, une méthode qui consiste à regrouper des crédits pour les vendre en « tranches » sur les marchés financiers. Comme ce marché n’est pas organisé, il pourrait en résulter une défiance similaire à celle observée en 2008.
Cet investisseur parie contre les asurs
Lee Robinson, fondateur d’Altana Wealth, qui avait réalisé un gain de 900 % durant la crise financière de 2008 en pariant sur la chute du marché immobilier, constate également des similitudes avec la période actuelle. Il évoque la faible volatilité observée récemment, semblable à celle qui précédait la crise de 2008. Robinson a décidé de parier contre de grandes entreprises du secteur de l’assurance, telles que Lincoln National et MetLife, en utilisant des swaps sur défaut de crédit (CDS), des produits dérivés qui gagnent en popularité dans le contexte actuel.
« Je ne crois pas à un risque systémique »
Le PDG d’Axa, Thomas Buberl, a récemment exprimé des réserves sur les risques liés à la forte croissance du crédit privé, tout en affirmant qu’il ne croit pas à un risque systémique similaire à celui de 2008. Il a précisé que les gouvernements et les banques centrales avaient toujours su gérer ces situations.
La Banque de France a également rassuré, notant que la taille relative du crédit privé est plus faible aujourd’hui qu’à l’époque des subprimes. En outre, les institutions financières exposées ne sont pas très endettées, contrairement aux emprunteurs immobiliers des années 2000. Selon l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), l’exposition des acteurs financiers français est d’environ 1 % pour les asurs, et encore moins pour les banques.
Source : Banque de France, BFM TV
