Le bas de laine n’est plus : Bandol contraint à l’emprunt sans hausse des impôts
La commune de Bandol, récemment dirigée par une nouvelle équipe municipale, se trouve confrontée à un héritage financier complexe laissé par l’ancienne administration. Lors de la présentation du Compte financier unique (CFU) et du budget supplémentaire, il a été révélé un « besoin de financement important hérité de 2025 ».
Ce besoin se traduit par un déficit d’investissement de 6,8 millions d’euros, attribué à une augmentation significative des investissements réalisés par l’ancienne municipalité, ainsi qu’à une hausse des charges générales. Sandrine Borriello, 2e adjointe déléguée aux finances, a précisé que la commune devra recourir à l’emprunt, qui s’élèvera à 15,2 millions d’euros. Ce montant comprend 7,7 millions d’euros pour couvrir des dépenses héritées non réglées et 7,5 millions pour de nouveaux projets.
Le maire, Franck Bertoncini, a souligné que cette situation est le résultat de la « multiplication des projets » par l’ancienne équipe. Il a notamment évoqué une facture d’eau de 90 000 euros pour l’arrosage d’un parc.
Engagement sur les impôts
Franck Bertoncini a assuré qu’aucune hausse des impôts ne serait appliquée, affirmant : « On regarde chaque sou dépensé ». Il a également déclaré que la commune se concentrera sur le quotidien des Bandolais sans lancer de grands projets.
Malgré ces chiffres, l’opposition, représentée par Valérie Bouron, a salué la « situation financière saine » laissée par l’ancienne administration, tout en exprimant des réserves quant à l’absence de visibilité sur les projets futurs. Elle a notamment critiqué l’annulation de la construction de logements sociaux, alors que la commune doit faire face à une amende de 780 000 euros en 2025 pour carence au titre de la loi SRU.
Alternatives à la loi SRU
Le maire a également évoqué des discussions avec le préfet pour explorer des alternatives à la loi SRU, visant à orienter les futurs logements sociaux vers la jeunesse et les saisonniers. Claude Vinco, 1er adjoint délégué à l’urbanisme, a précisé que la révision du Plan local d’urbanisme (PLU) est nécessaire, une démarche compliquée par les recours juridiques en cours.
Enfin, le maire a fait état d’une « dette grise » laissée par l’ancienne municipalité, qui se traduit par des millions d’euros d’entretien non réalisé, impactant notamment le centre aéré et les infrastructures scolaires.
Source : Nice Matin
