Un risque de « détresse sociale » dû à la baisse de l’indemnisation des arrêts maladie de longue durée
À partir du 15 octobre prochain, le gouvernement français mettra en œuvre une me visant à réduire la durée d’indemnisation des arrêts maladie de longue durée, passant de trois à un an. Cette décision concerne principalement les arrêts maladie de plus de six mois pour les patients ne souffrant pas d’affections de longue durée (ALD), notamment ceux atteints de dépression ou de troubles musculosquelettiques. En 2023, ces arrêts maladie, en constante augmentation, ont coûté plus de 3 milliards d’euros à l’Assurance maladie.
En contrepartie, le gouvernement promet de renforcer les parcours de soins pour ces malades, estimant qu’ils ne reçoivent pas un suivi adéquat et que leurs arrêts maladie sont souvent prolongés sans contrôle.
Pour Yohann Sénac, médecin généraliste et vice-président du syndicat MG France, cette me soulève des inquiétudes. Il affirme que « cela laisse entendre qu’à un an, plus personne ne relève encore d’une poursuite d’arrêt de travail », ce qui ne reflète pas la réalité quotidienne. Il souligne que certaines personnes, bien que peu nombreuses, ne peuvent pas reprendre leur travail après un an d’arrêt. Il avertit que l’absence d’indemnisation pourrait entraîner une détresse sociale significative pour ces patients.
Sénac mentionne également que les économies escomptées de quelques centaines de millions d’euros ne représentent qu’environ 0,1 % des dépenses totales de santé, qualifiant cette me de « cher payé » pour des économies jugées dérisoires.
Par ailleurs, le gouvernement s’attaque également au phénomène de « nomadisme médical », où des patients consultent plusieurs médecins pour multiplier les prescriptions. En 2024, 13 000 malades ont obtenu cinq arrêts maladie de cinq généralistes différents, cumulant en moyenne 12 jours d’arrêt. Un décret en cours d’examen permettra à l’Assurance maladie de sanctionner ces abus et d’exiger le remboursement partiel des indemnités perçues.
Source : France Inter

