Des bailleurs sociaux bien capitalisés, mais peu enclins à investir
L’Agence nationale de contrôle du logement social (Ancols) a récemment mis en lumière une situation préoccupante au sein du secteur des bailleurs sociaux. Selon une étude publiée mardi, certains organismes, malgré une santé financière solide, n’investissent pas suffisamment dans la création et la rénovation de logements.
Parmi les 332 organismes HLM en France, 28% d’entre eux, qui affichent une trésorerie confortable, investissent moins que la médiane du secteur. En 2024, 92 de ces bailleurs ont investi moins que le taux d’investissement médian de 5%, représentant ainsi 23% du parc de logements sociaux. Si ces 92 bailleurs avaient respecté ce taux, cela aurait permis de générer un surplus d’investissement d’un milliard d’euros, équivalant à 4% de l’investissement total pour l’année, facilitant ainsi la construction d’environ 5.000 logements ou la rénovation de 15.700 autres.
L’Ancols souligne que 48 de ces organismes souffrent d’un sous-investissement chronique depuis 2022, et se situent principalement dans des zones où la pression sur le logement est moins forte.
Une capacité d’investissement sous-exploitée
L’agence estime que ces 92 bailleurs disposent de 2,5 milliards d’euros de « fonds mobilisables », c’est-à-dire de ressources qu’ils pourraient investir au-delà des seuils de bonne santé financière. Pour rénover thermiquement leurs logements classés E, F ou G, ces organismes auraient besoin de 1,35 à 2 milliards d’euros.
Parmi ces bailleurs, 54, soit 59% de ceux en sous-investissement, disposent des fonds nécessaires pour rénover leurs logements énergivores et se conformer à la loi Climat et résilience, qui prévoit l’interdiction progressive de la location des passoires thermiques.
L’Ancols note également que 46 bailleurs sociaux en sous-investissement n’ont pas de stratégie d’investissement, ou si une stratégie existe, celle-ci n’est pas pleinement exploitée. L’institution appelle à une meilleure allocation des ressources dans le secteur et à une circulation accrue des capitaux.
Source : Agence nationale de contrôle du logement social (Ancols)
