Le gouvernement freine la démocratisation scolaire avec des changements au baccalauréat et au brevet
Dès 2027, le baccalauréat intégrera des sanctions pour les fautes d’orthographe, a annoncé Edouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, dans une interview sur le média en ligne Brut. Cette me vise à renforcer l’importance de la maîtrise de la langue dans toutes les matières, avec des barèmes spécifiques qui seront publiés en septembre. Geffray a précisé que les élèves et enseignants seront informés de l’impact des erreurs sur la notation, afin de leur permettre de se préparer adéquatement.
Cette annonce fait suite à des déclarations précédentes où le ministre avait affirmé qu’aucune copie ne pouvait obtenir la moyenne si elle présentait des lacunes significatives en orthographe, syntaxe et grammaire. Ces propos ont suscité des réactions mitigées au sein des équipes éducatives, certains enseignants exprimant leur inquiétude quant à la clarté des règles d’évaluation.
Pour la session 2026, le brevet a également subi des modifications majeures. Les nouvelles modalités, mises en œuvre par Gabriel Attal, stipulent que les épreuves terminales compteront pour 60 % de la note, contre 40 % pour le contrôle continu, alors que l’équilibre précédent était de 50-50. De plus, la notation par compétences a été remplacée par une évaluation basée sur les moyennes obtenues durant l’année.
En conséquence, le taux de réussite au brevet a diminué, s’établissant à 81,6 %, soit une baisse de 4 points par rapport à 2025. Le baccalauréat, quant à lui, présente une légère baisse de 0,5 point, sans que cela puisse être attribué uniquement aux nouvelles directives ministérielles. Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, a noté l’absence de circulaires officielles précisant ces changements pour l’année en cours.
Au-delà des chiffres, ces évolutions soulèvent des préoccupations quant à l’impact sur l’égalité des chances. Quarante ans après les réformes de Jean-Pierre Chevènement, qui visaient à élargir l’accès au baccalauréat, des voix s’élèvent pour remettre en question la facilité d’obtention des diplômes. Jérôme Fournier, secrétaire national du SE-Unsa, a souligné que le débat actuel tend à faire croire que les diplômes sont trop accessibles.
Les inégalités persistantes au sein du système éducatif se manifestent également dans les taux de réussite. Selon l’Observatoire des inégalités, 95 % des enfants d’enseignants obtiennent leur baccalauréat général, contre 85,5 % des enfants d’ouvriers et 80 % des jeunes dont les parents n’ont pas d’activité professionnelle. Cette disparité soulève des questions sur l’accès équitable à l’éducation.
Les réformes en cours et les nouvelles exigences en matière de notation pourraient avoir des conséquences sur l’accès aux diplômes, notamment pour les élèves en difficulté. La question des moyens alloués à l’enseignement, tels que la taille des classes et la formation des enseignants, reste cruciale pour garantir une éducation de qualité pour tous.
Source : Brut, Snes-FSU, Observatoire des inégalités.

