Baby-sitter accusé de pédocriminalité : « On est jetés en pleine mer »… Une mère dans les méandres de la justice

Baby-sitter accusé de pédocriminalité : « On est jetés en pleine mer »

En janvier dernier, le témoignage de Sylvie*, mère d’un petit garçon de cinq mois, a révélé qu’un homme, condamné pour agression sexuelle sur un enfant à Nice, proposait ses services de baby-sitter dans le Nord via une plateforme en ligne. Cet homme de 36 ans a depuis été mis en examen pour des viols et agressions sexuelles sur au moins 18 des 53 enfants qu’il a gardés à sa sortie de détention, entre 2023 et 2025. Pour les familles concernées, cette annonce a marqué le début d’une descente aux enfers au cœur d’un système judiciaire complexe.

Fannie*, mère célibataire de deux enfants, a eu recours aux services de Camille O. pour garder son fils de deux ans en janvier 2023. Bien que cet homme ait un passé judiciaire lourd et soit inscrit au fichier des délinquants sexuels, il a réussi à obtenir un emploi au contact d’enfants. La justice enquête également sur d’autres soupçons de viol sur mineurs datant de 2014 à Poitiers.

Fannie a utilisé la plateforme Nounou Top, qu’elle considérait comme fiable. Après avoir vérifié les références de Camille O. et assisté à une première garde, elle lui a confié son fils pour quelques soirées. Cependant, elle a remarqué un changement de comportement chez son enfant après ces gardes, qu’elle a d’abord attribué à l’âge. Ce n’est qu’après un appel d’un enquêteur de la brigade des mineurs que la situation a pris une tournure inquiétante.

Le manque de communication de la part des autorités a laissé Fannie dans l’incertitude. Elle n’a été entendue par les enquêteurs que dix jours après leur premier contact. Selon ses dires, elle n’a pas pu visionner l’audition de son fils, et les informations sur l’avancement de l’enquête sont restées floues. Fannie se sent abandonnée par le système judiciaire, sans suivi ni soutien, et craint pour la santé mentale de son enfant.

Le parquet de Lille a indiqué que l’association d’aide aux victimes a été saisie pour offrir un accompagnement aux familles, mais Fannie n’a toujours pas reçu de rendez-vous. Actuellement, elle a déménagé dans le Pas-de-Calais et ne parvient pas à faire confiance à d’autres personnes pour garder ses enfants. Elle exprime son souhait de voir des changements législatifs concernant la vérification des antécédents judiciaires des baby-sitters sur les plateformes en ligne.

*Prénom d’emprunt.

Source : 20 Minutes.

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