Pourquoi avocats et magistrats appellent à une journée « Justice morte » ce lundi ?
Avocats et magistrats se mobilisent ce lundi pour une journée « Justice morte », dont les conséquences sur le fonctionnement des tribunaux demeurent incertaines. Ce mouvement vise à s’opposer aux lois dénommées Ripost et , tout en dénonçant le manque de moyens et les critiques à l’encontre des juges, notamment de la part du garde des Sceaux.
Les organisations professionnelles ont appelé avocats, magistrats et fonctionnaires du ministère de la Justice à se rassembler devant les tribunaux judiciaires de France à la mi-journée. Dans le ressort de la Cour d’appel de Paris, la plus grande de France, quelques dizaines de manifestants, parfois en tenue d’avocats ou de magistrats, ont été observés sur les marches du Palais de justice de l’île de la Cité et devant le tribunal judiciaire. À Bobigny, le deuxième tribunal de France, les avocats ont été appelés à une « grève des audiences et des permanences ». Dans d’autres juridictions, les comparutions de reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) ne seront pas assurées.
L’Union syndicale des magistrats (USM), principale organisation de la profession, a annoncé des débrayages sans toutefois rejoindre le mouvement « Justice morte ». Elle a critiqué le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, pour avoir « jeté en pâture » les magistrats après le meurtre de Lyhanna. Le Syndicat de la magistrature, également présent, espère une mobilisation significative, soulignant que les revendications sont cohérentes et visent à garantir une justice fonctionnelle.
Les avocats, en particulier ceux exerçant en droit pénal, s’opposent à la version actuelle de la loi sur la justice criminelle, jugée insuffisante après que Gérald Darmanin a abandonné l’introduction d’une procédure de « plaider-coupable » en matière criminelle. Ils contestent également le développement des procès devant les cours criminelles départementales au lieu des assises et les nouvelles règles concernant les délais de procédure. Le président de la Conférence des bâtonniers, Christophe Bayle, a qualifié ce projet de loi d’« inepte ».
Cependant, les questions liées aux prisons, en proie à une crise aiguë, semblent absentes des revendications. La surpopulation carcérale atteint des niveaux records, avec un franchissement probable de la barre des 90 000 détenus pour moins de 65 000 places disponibles.
Source : 20 Minutes.