Une expérimentation viticole innovante en Île-de-France
Oubliez le pinot noir ou le chardonnay. À Provins, en Seine-et-Marne, une expérimentation viticole est menée par Patrice Bersac, président des syndicats des vignerons d’Île-de-France. Son objectif : cultiver des cépages méconnus et résistants, adaptés aux spécificités de la région.
Cette parcelle de 25 ares, située au pied de la tour seigneuriale César du 12ème siècle, a été plantée il y a neuf ans. Depuis, aucun produit phytosanitaire n’a été utilisé, permettant ainsi d’observer comment ces cépages s’adaptent aux sols locaux sans traitement chimique.
Patrice Bersac, qui a contribué à la création d’une indication géographique protégée (IGP) pour les vins d’Île-de-France en 2021, souligne l’importance de démontrer que ces cépages peuvent produire des raisins de qualité. Parmi eux, on trouve le Monarch, le Muscaris, et le Solaris, des variétés peu connues qui pourraient redéfinir la viticulture francilienne.
Bersac note que traditionnellement, les viticulteurs de la région se sont concentrés sur des cépages comme le Chardonnay et le Pinot Noir, souvent au détriment de la diversité historique de la région. « L’Île-de-France n’est pas une région mono cépage », affirme-t-il, insistant sur la nécessité de réintroduire la diversité viticole.
Actuellement, la moitié de la parcelle est plantée avec des cépages comme le Cabernet Cortis et le Souvignier gris. Les résultats préliminaires montrent que ces cépages nécessitent moins de traitements, répondant ainsi à une demande croissante pour des pratiques viticoles durables.
En termes de production, la sécheresse et les canicules récentes ont entraîné une baisse de 40 % des rendements, un défi que les vignerons devront surmonter. Bersac prévoit que l’irrigation pourrait devenir nécessaire dans les années à venir pour compenser ces pertes.
Les archives de Provins attestent d’une viticulture active dès 1205, avec des cépages comme le Fromenteau et le Morillon, ancêtre du Pinot Noir. Aujourd’hui, Patrice Bersac appelle à une réappropriation de cette histoire viticole locale, qui pourrait enrichir l’identité des vins de l’Île-de-France.
Cette initiative pourrait non seulement transformer la viticulture régionale, mais aussi contribuer à la lutte contre le changement climatique en favorisant des cépages plus résilients.
Source : France 3 Régions

