Emploi : les CDD continuent d’augmenter, les CDI de chuter
Au premier trimestre 2026, le secteur privé français a enregistré 6,58 millions de contrats signés, marquant une progression de 0,9 % par rapport aux trois mois précédents. Ce chiffre illustre une tendance marquée vers la flexibilité dans les stratégies de recrutement des entreprises. En effet, les contrats à durée déterminée (CDD) représentent désormais 85 % des embauches, avec 5,61 millions de CDD signés, en hausse de 1,1 %. En revanche, les contrats à durée indéterminée (CDI) continuent de diminuer, atteignant 964 300 contrats, soit une baisse de 0,7 %.
Cette évolution témoigne d’une transformation profonde des pratiques de gestion des ressources humaines en France, où l’engagement à long terme cède la place à une recherche accrue de réactivité face aux incertitudes économiques. Les entreprises choisissent de privilégier des structures de coûts variables, permettant d’ajuster rapidement leurs effectifs aux fluctuations de la demande.
Les données du ministère du Travail révèlent également que le recul des CDI s’accompagne d’une augmentation de 0,4 % des fins de contrats permanents, indiquant une rationalisation des emplois stables. Ainsi, les entreprises semblent adopter une stratégie consistant à maintenir un noyau restreint de collaborateurs en CDI, tout en recourant massivement à des CDD pour répondre à leurs besoins ponctuels.
Cette tendance à la flexibilité est particulièrement visible dans certains secteurs. Le domaine de l’information et de la communication affiche un repli significatif de ses mouvements de main-d’œuvre, tandis que le tertiaire non marchand, notamment la santé et l’éducation, connaît une forte dynamique de recrutement, soutenue par des besoins structurels et des financements publics stables.
Le premier trimestre 2026 souligne également une situation préoccupante : le nombre de contrats ayant pris fin (6,57 millions) est presque identique à celui des contrats signés, illustrant un marché du travail en rotation constante. Ce phénomène pose un défi majeur pour les directions des ressources humaines, qui doivent gérer un turnover élevé tout en maintenant la stabilité des équipes.
Source : Ministère du Travail