Phobie scolaire, anxiété, pensées suicidaires : les recours auprès de la médiation de l’Éducation nationale en forte hausse
Les difficultés psychologiques des enfants et des adolescents prennent une ampleur significative au sein de l’Éducation nationale. Dans son rapport annuel publié le 8 juillet 2025, Catherine Becchetti-Bizot, médiatrice de l’Éducation nationale, a révélé que 28 450 saisines ont été enregistrées, marquant une augmentation de 20 % sur un an et de près de 60 % sur cinq ans. Les parents, élèves et étudiants représentent 76 % des demandes. Les problématiques les plus fréquentes incluent désormais la phobie scolaire, l’anxiété et les pensées suicidaires.
La santé mentale des adolescents est devenue une préoccupation majeure, déclarée Grande cause nationale en 2026. Bien que les difficultés psychologiques soient moins fréquentes à l’école primaire, elles se multiplient au collège et s’intensifient au lycée, notamment en classe de quatrième et de première.
Certaines procédures administratives semblent aggraver le mal-être d’élèves déjà fragilisés. Par exemple, une lycéenne a tenté de se suicider après avoir reçu une convocation d’examen inadaptée à ses spécialités. De même, un élève ayant subi une crise d’asthme lors d’une épreuve a été pénalisé par une note de zéro après avoir quitté la salle.
Le rapport souligne également que la phobie scolaire est encore mal comprise. Un cas est cité où une mère a été accusée de couvrir les absences répétées de son fils, alors qu’il souffrait effectivement de phobie scolaire. L’intervention des médiateurs a permis de reconnaître la réalité de la situation et de rétablir le dialogue avec l’administration.
Par ailleurs, le contrôle continu du baccalauréat a été identifié comme un facteur de stress. La médiatrice note que ce système, conçu comme des examens en cours d’année, peut être anxiogène pour les élèves qui se sentent en difficulté.
Le rapport indique également une augmentation des dossiers liés aux violences et aux atteintes aux droits des enfants, avec près de 1 000 saisines enregistrées en 2025, contre environ 400 auparavant. En réponse à cette situation, le ministère a créé un poste de déléguée à la protection des enfants à l’école.
Pour prévenir l’aggravation de ces situations, la médiatrice recommande de renforcer les équipes médico-sociales, de mieux former le personnel éducatif et de créer davantage d’espaces d’écoute dans les établissements. Elle souligne que de nombreux problèmes pourraient être évités avec des espaces dédiés dès le premier niveau.
Enfin, le rapport rappelle que les personnels de l’Éducation nationale rencontrent également des difficultés, avec une augmentation de 173 % des saisines des enseignants contractuels en cinq ans, témoignant d’un besoin croissant d’accompagnement.
Source : Ministère de l’Éducation nationale
