La situation empire de semaine en semaine : l’augmentation des consommateurs de crack à Marseille
Les appels se multiplient en ce début d’été caniculaire pour sortir de la rue des consommateurs de crack de plus en plus nombreux dans le centre-ville de Marseille, où les riverains sont « à bout ». Deux ans après l’abandon d’un projet de Halte soins addictions (HSA) à Marseille, la situation semble se dégrader.
Selon un diagnostic établi dans le cadre du dispositif Tempo, lancé par Médecins du Monde, la consommation de crack dans l’espace public a connu une accélération marquée au cours des six derniers mois. Cette consommation est décrite comme « exponentielle et particulièrement visible depuis deux ans ». Marianne Poisson, coordinatrice du dispositif, estime qu’ils sont plusieurs centaines de consommateurs, faisant face à « grande précarité, absence d’hébergement, ruptures de droits et troubles psychiques ».
La population de consommateurs est de plus en plus jeune, avec une proportion croissante de femmes, parfois adolescentes, exposées aux risques de violence. « C’est extrêmement compliqué, il y a des personnes qui voudraient être mises à l’abri, être hébergées, mais aujourd’hui, on n’a rien à leur proposer », déplore Marianne Poisson.
Dans le quartier de la gare Saint-Charles, le Sleep In, qui offrait 15 places d’hébergement d’urgence, a fermé pour travaux fin mai et ne devrait pas rouvrir avant plusieurs mois. Des collectifs de riverains ont interpellé les pouvoirs publics sur la nécessité urgente de relancer le projet de HSA à Marseille, semblable à ceux existant à Paris et Strasbourg.
Le projet marseillais, initialement prévu pour 2024, a été abandonné face à l’opposition de certains riverains. Dans une réponse à ces collectifs, le maire Benoît Payan a reconnu la complexité de la situation, tout en soulignant que les HSA ne sauraient à elles seules résoudre le problème.
La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, s’est déclarée favorable à l’expérimentation d’une HSA à condition que « tous les élus locaux soient d’accord sur un endroit ». En attendant, la situation demeure préoccupante, avec des suspicions de tuberculose parmi cette population vulnérable.
La chaleur estivale pourrait exacerber les tensions et entraîner des problèmes de santé, notamment des déshydratations. Les consommateurs se cachent de la police et se retrouvent dans des zones urbaines de plus en plus dangereuses, ce qui augmente les risques d’infections.
Source : AFP.
