Au Parlement des Jeunes : 100 propositions pour peser sur les décisions publiques
Les 2 et 3 avril 2026, 200 jeunes âgés de 16 à 24 ans, venus de toute la France, se sont réunis au Conseil économique, social et environnemental (CESE) pour élaborer 100 propositions sur des thèmes tels que l’éducation, la santé, l’écologie et la démocratie. Cet événement, né dans le contexte de la pandémie de Covid-19, a pour objectif de redonner du poids à la parole des jeunes, souvent marginalisée dans le débat public.
Le Parlement des Jeunes se positionne comme un espace hybride, alliant forum citoyen et laboratoire démocratique. Les participants ont travaillé en commissions pendant plusieurs semaines, avant de présenter leurs propositions à des responsables politiques, économiques et militaires. Cette initiative vise à réinventer la relation entre la jeunesse et les institutions, en cherchant à établir un dialogue constructif.
Dès le début des échanges, les jeunes ont exprimé leurs frustrations et aspirations sans détour. Un participant a déclaré : « Ce que je voudrais changer, c’est l’impression qu’on ne peut pas réussir quand on est jeune. » D’autres ont évoqué les difficultés d’accès à l’emploi et les inégalités d’opportunités, soulignant une réalité sociale persistante.
Cette édition du Parlement des Jeunes a également révélé une tendance significative : la jeunesse s’engage davantage dans des causes spécifiques que dans des partis politiques traditionnels. Les jeunes réclament non seulement d’être entendus, mais aussi d’être considérés et de voir leurs propositions suivies dans le temps. Une des nouveautés de cette édition est la création d’un « parlement permanent » pour asr un suivi des propositions sur un an.
Les échanges ont également mis en lumière une méfiance envers les responsables politiques, se traduisant par une exigence de cohérence et de résultats. Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, a souligné l’importance du dialogue : « Nous, adultes, avons une responsabilité à votre égard. »
Les préoccupations des jeunes vont au-delà des simples revendications. Ils expriment une impatience face à l’irréversibilité des enjeux climatiques et sociaux. Élisabeth Moreno, entrepreneuse et ancienne ministre, a insisté sur l’importance de l’audace : « Si vous n’essayez pas, vous n’arriverez à rien. »
Ces deux jours de débats soulignent la nécessité d’une redéfinition des valeurs et des attentes envers les institutions. Le Parlement des Jeunes apparaît comme un révélateur des aspirations d’une génération en quête de sens dans un contexte de changement sociétal.
Enfin, la question demeure : comment faire en sorte que cette parole ne se dissolve pas une fois les projecteurs éteints ? Le succès du « parlement permanent » dépendra de la volonté des institutions à intégrer ces propositions dans leur processus décisionnel.
Source : Le Parlement des Jeunes
