Un attentat à Damas fait neuf morts et vingt blessés
La violence frappe de nouveau Damas. Neuf personnes ont été tuées et vingt autres blessées jeudi dans un attentat à la bombe visant un café très fréquenté du centre de la capitale syrienne, selon les autorités. L’explosion s’est produite près du Palais de justice, dans un quartier animé mêlant commerces et habitations.
L’attaque n’avait pas encore été revendiquée jeudi soir. Selon le général Mohammad Khit, des forces de sécurité intérieure, l’explosion a été causée par un engin explosif déposé sur place. Les secours ont rapidement convergé vers le secteur, tandis que les forces syriennes établissaient un périmètre de sécurité autour du café.
Des scènes de panique dans le cœur de la capitale
Des ambulances ont rejoint en urgence le quartier, au milieu de scènes de panique. Pour de nombreux habitants, les images ont ravivé le souvenir des années de guerre civile. « J’ai entendu une forte détonation vers 15h00 (12h00 GMT) et la devanture de mon magasin a tremblé. Les gens se sont précipités vers le café et ont commencé à appeler les secours », raconte Nawar Khayyat, propriétaire d’une boutique située face au Palais de justice. Un autre témoin, Mohammad al-Dahabi, opticien installé à proximité, a décrit une scène d’horreur avec des personnes étendues sur le sol et du sang autour d’elles.
Après l’attentat, le gouverneur de Damas, Maher Edelbi, a annoncé l’ouverture d’une enquête, promettant que « les responsables de cette effusion de sang seront punis ».
Le plus lourd bilan depuis un an
Le gouverneur a également noté que « chaque fois que le pays connaît une période de stabilité, des parties malveillantes tentent de le déstabiliser ». Depuis la prise de pouvoir par la coalition islamiste dirigée par Ahmad al-Chareh en décembre 2024, les nouvelles autorités tentent de réunifier le pays et de reconstruire des institutions fragilisées par plus d’une décennie de conflit. L’envoyé spécial adjoint de l’ONU pour la Syrie, Claudio Cordone, a condamné l’attaque, appelant à ce que les responsables soient traduits en justice.
Cet attentat est le plus meurtrier enregistré à Damas depuis l’attaque contre une église en juin 2025, qui avait fait 25 morts. Bien que l’État islamique ait été défait territorialement en 2019, le groupe conserve des cellules dormantes et a appelé à défier le nouveau pouvoir. Ces derniers mois, plusieurs incidents sécuritaires ont secoué la capitale, dont l’explosion d’une voiture piégée ayant coûté la vie à un soldat le 19 mai.
Source : 20 Minutes