Pourquoi l’aéroport de Niamey a-t-il encore été attaqué ?
Au Niger, la vie reprend son rythme habituel après l’attaque qui a ciblé, hier, l’aéroport Diori Hamani de Niamey. Les djihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), la branche sahélienne d’Al-Qaïda, ont revendiqué cette attaque. Le bilan fait état de la mort de onze soldats, de deux civils et de vingt-deux assaillants.
L’aéroport international Diori Hamani a été visé à deux reprises par des groupes djihadistes, ce qui n’est pas une coïncidence. En effet, cet aéroport joue un rôle central dans le système de sécurité du Niger et du Sahel, servant de hub pour les opérations antiterroristes régionales et abritant des installations militaires.
Bien qu’il soit un aéroport à usage civil, le site est en réalité un complexe stratégique. Il accueille des drones, des aéronefs de guerre et des installations de défense, et c’est le quartier général de l’opération conjointe Niger-Mali-Burkina Faso. En s’attaquant à cette cible symbolique, les djihadistes cherchent à démontrer leur capacité à frapper au cœur de la capitale, instillant un sentiment d’insécurité.
Après la première attaque en janvier, les autorités militaires nigériennes avaient lancé une opération de démolition des quartiers environnants pour se prémunir contre de futures menaces. Des mes de sécurité supplémentaires ont été mises en place, telles que l’allongement des clôtures de l’aéroport et l’installation de plus de 350 caméras de surveillance. Cependant, ces efforts n’ont pas suffi à prévenir la récente attaque.
Wassim Nasr, journaliste et spécialiste des mouvements djihadistes, souligne que la proximité des djihadistes avec la capitale facilite leurs opérations. La capitale du Niger est située près de zones où les djihadistes sont actifs, rendant plus difficile la sécurisation de la ville. D’autres analystes mettent également en avant les défaillances des services de renseignement et des forces armées nigériennes, qui peinent à anticiper et à prévenir ces attaques.
Source : DW
