Les passionnés de l’espace: astrophotographe, capturer la beauté de l’univers [1/5] - Reportage France

Les passionnés de l’espace : Aude Nowak, astrophotographe des Alpes

Cette semaine, RFI s’intéresse aux passionnés de l’espace en France. Pour ce premier épisode, rencontre avec Aude Nowak, astrophotographe qui arpente les sommets des Alpes, loin de la pollution lumineuse des villes, pour capturer l’éclat des étoiles, des nébuleuses et de la Voie lactée.

Aude Nowak, astrophotographe depuis huit ans, nous a donné rendez-vous entre le Mont-Blanc et l’Aiguille du Midi, dans la station de Chamonix, au cœur des Alpes françaises. Pour obtenir les clichés souhaités, il faut aller haut, direction le Brévent, sommet rocheux culminant à 2 500 mètres d’altitude. L’accès se fait par deux télécabines, suivi d’une heure de marche sur un parcours sinueux et parfois glissant.

Avant de s’installer, Aude a repéré les lieux la veille. Face au Mont-Blanc, dont la cime est souvent cachée par les nuages, elle explique : « Je vais dormir avant et après les prises de vue. »

À 23h, après un sommeil de trois heures, le réveil sonne pour assister au spectacle céleste. Le ciel est dégagé, permettant d’observer la constellation de la Grande Ourse et les planètes Vénus et Jupiter. Aude souhaite capturer la nébuleuse de la Lagune et la Voie lactée.

Emmitouflée dans sa doudoune, elle installe son trépied et son boîtier. Bien que la nébuleuse soit invisible à l’œil nu, elle peut être captée par son appareil photo. Utilisant une application sur son téléphone, elle ajuste son orientation pour viser juste.

Pour obtenir une image parfaite, Aude réalise une vingtaine de prises. « Elle est magnifique », murmure-t-elle en voyant la nébuleuse apparaître. Pour des clichés colorés, son appareil doit être défiltré et programmé sur un temps de pose élevé, généralement trente secondes. La rotation de la Terre pose un défi, car même une demi-minute peut entraîner un flou des étoiles. Pour y remédier, Aude utilise une monture équatoriale, un appareil motorisé qui suit la rotation de la Terre.

L’astrophotographie demande à la fois obstination et chance. Aude souligne que la météo doit être clémente, soulignant : « C’est le vrai challenge de l’astrophotographie. » Certaines images ne peuvent être réalisées que quelques jours par an, nécessitant parfois d’attendre plusieurs années pour obtenir les conditions idéales.

Elle fait également face à la saturation du ciel par des objets lumineux, notamment les satellites, qui laissent des traces sur les images. Bien que des logiciels puissent les effacer, cela reste un travail laborieux.

Pour Aude, la montagne est son univers. Elle déclare : « J’aime aller chercher ce qui n’est pas facile d’accès. Cela fait partie de ma personnalité. » Ses clichés sont exposés et vendus, et elle apprécie les échanges avec le public sur ses œuvres.

À la question de savoir si elle pourrait se lasser de photographier les montagnes et les étoiles, Aude répond par la négative. Elle a un objectif clair : capturer les astres depuis tous les sommets alpins de plus de 4 000 mètres, au nombre de 82, répartis entre la France, la Suisse et l’Italie. Elle confie : « Je dois en avoir fait la moitié. »

Source : RFI

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