Assurance-vie : pourquoi la hausse des coûts d’emprunt de la France va faire grimper les rendements des fonds euros
Depuis juillet, le rendement des nouvelles obligations de l’État français à 10 ans a franchi le seuil des 4 % par an, un niveau inédit depuis 2008. Cette hausse des coûts d’emprunt ne se limite pas à la France : le taux des obligations de l’État allemand à 10 ans a également dépassé les 3 %, tandis que celui du Royaume-Uni atteint 5 %, des niveaux jamais observés depuis plus de 15 ans. Si cette montée des taux obligataires représente un défi pour les États, qui devront s’endetter à des coûts plus élevés, elle constitue une opportunité pour les fonds en euros.
Les obligations d’États et d’entreprises de la zone euro représentent entre 70 % et 80 % des actifs des fonds euros, qui garantissent le capital des investisseurs. Par conséquent, une augmentation des rendements des titres de créance des États se traduit par un enrichissement pour les épargnants français.
Après une décennie durant laquelle les taux obligataires étaient restés sous la barre des 1 %, l’apparition de nouvelles créances d’États offrant des rendements supérieurs à 3 % est de nature à améliorer la performance de ces placements, dont l’encours total atteint 1 300 milliards d’euros. Selon Julien Nebenzahl, président d’eToro Patrimoine, « peu d’actifs détenus par les particuliers offrent cette visibilité sur leur évolution future ».
Cependant, les experts soulignent que les fonds euros ne deviendront pas une solution miracle pour les investisseurs. Leur taux actuel est constitué du « rendement combiné d’obligations achetées depuis le milieu des années 2000, dont une part significative a été acquise durant la décennie de taux bas ou nuls, de 2012 à 2021 », rappelle Julien Nebenzahl. Avec un renouvellement annuel d’environ 10 % de leurs titres et une duration des obligations comprise entre 6 et 7 ans, l’augmentation des rendements « se fera de manière progressive », estime Vincent Chaigneau, directeur de la recherche chez Generali Investments.
Source : La Tribune

