Association Inongô Gôré : Miser sur la transmission pour la pérennité de la langue Omyéné
Jusqu’au 24 juillet, l’Association Communautaire Inongô Gôré (ACIG) organise, au Centre de développement de la jeunesse (CDJ) de Port-Gentil, une école de vacances dédiée à l’apprentissage de la langue Omyéné. Cet atelier vise à offrir aux jeunes l’opportunité de renouer avec leurs racines culturelles. Dans un contexte où les langues maternelles s’effacent face à la domination du français, l’ACIG prend l’initiative de préserver une composante essentielle du patrimoine culturel gabonais.
Cette initiative, entièrement gratuite, est ouverte aux enfants de 3 à 12 ans. Les sessions se déroulent du lundi au vendredi, de 8 heures à 12 heures, et permettent aux participants de découvrir un univers culturel riche à travers l’apprentissage linguistique, des chants traditionnels, des danses, des contes, des jeux éducatifs, et des échanges intergénérationnels.
Pour Berthe Josiane Ngoket-Mpaga, responsable du social et de la solidarité de l’ACIG, cette formation répond à une urgence culturelle. Elle souligne que de nombreux enfants, même issus de familles Omyéné, ne parlent plus leur langue maternelle. L’ACIG a donc créé cet espace d’apprentissage pour aider les jeunes à retrouver ce lien avec leur culture, affirmant qu’une langue non transmise est une langue vouée à disparaître.
Plus de soixante enfants participent à cette première édition, répartis par niveau. Ils suivent des cours adaptés qui englobent prononciation, compréhension orale, lecture, vocabulaire et conversation. Les enseignants adoptent une méthode interactive pour favoriser la participation et créer une ambiance conviviale.
L’objectif va au-delà de la simple maîtrise d’expressions ; il s’agit de susciter une véritable appropriation de la langue. L’association espère que ces jeunes deviendront, à l’avenir, des relais de cette transmission au sein de leurs familles et de leurs communautés.
Les premiers participants expriment déjà leur enthousiasme. Bruno Chandrel Missinga, par exemple, partage sa fierté d’apprendre la langue de sa mère et mentionne plusieurs expressions qu’il a déjà acquises.
Face à la mondialisation, à l’urbanisation et aux évolutions des habitudes familiales, plusieurs langues nationales voient leur usage diminuer au fil des générations. Pour l’ACIG, préserver la langue Omyéné ne constitue pas seulement un devoir de mémoire, mais un véritable investissement pour l’avenir.
Source : Gabon Actu