Assimi Goïta et l’Algérie : une réconciliation avec effet immédiat
Le 10 juillet dernier, une réconciliation inattendue entre le Mali et l’Algérie a été annoncée, presque simultanément à Bamako et à Alger, mettant fin à 15 mois de tensions. Cette évolution soulève des questions sur les événements qui ont conduit à ce changement de cap.
Le 25 avril 2026 a marqué une journée tragique pour le Mali. À Kati, le ministre de la Défense, Sadio Camara, a été tué, et la ville de Kidal, symbolique pour Assimi Goïta, a été prise par une coalition de rebelles du Front de libération d’Azawad (FLA) et de jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim). Les forces maliennes (Fama) et les Russes d’Africa Corps se sont retrouvés encerclés, une situation humiliante pour le gouvernement malien. Pour échapper à cette situation, les forces russes ont quitté Kidal sous escorte rebelle. Quatre jours plus tard, Goïta a été confronté à une nouvelle attaque à Anéfis, illustrant la fragilité de la situation sécuritaire.
L’Algérie, sollicitée par les Russes, a de nouveau joué un rôle crucial en sauvant les forces maliennes dans cette crise. Selon un dicton bambara, « la fierté du faible est comme les larmes du patriarche : elle coule en silence. » Goïta, conscient de sa dépendance, a finalement remercié le président algérien, Abdelmadjid Tebboune.
Cette réconciliation ne s’inscrit pas dans un cadre d’amour, mais plutôt de survie. Trois facteurs principaux expliquent cette dynamique. D’abord, la réalité du terrain montre qu’aucune force malienne ne peut tenir sans le soutien d’Alger. Ensuite, la présence russe au Sahel est de plus en plus contestée, illustrée par les difficultés rencontrées par les troupes russes à Kidal. Enfin, le général Tiani, qui a déjà rétabli des liens avec Alger, a joué un rôle de médiateur entre les deux pays.
Malgré ces efforts, la junte malienne n’a pas réussi à atteindre les objectifs militaires promis, et les options militaires unilatérales ont montré leurs limites. Pendant 15 mois, Bamako et Alger se sont affrontés, accusant l’Algérie de soutenir le terrorisme. Toutefois, depuis le 10 juillet, ces tensions semblent s’être apaisées, avec une nécessité de rediscuter l’Accord d’Alger avec les Touaregs.
La situation reste complexe, et le Mali devra naviguer habilement entre ses engagements régionaux et la réalité sur le terrain.
Source : RFI
