Ces entreprises africaines qui investissent en France: la pharma sud-africaine Aspen [1/5] - Afrique économie

Ces entreprises africaines qui investissent en France : la pharma sud-africaine Aspen

Les entreprises africaines sont encore peu nombreuses à investir en France, mais certaines y développent des activités industrielles. Premier volet de notre série consacrée à ces investissements avec le laboratoire sud-africain Aspen, qui a fait de son usine normande l’un de ses principaux sites de production en Europe.

Douze ans après le rachat d’une usine à Notre-Dame-de-Bondeville, près de Rouen, le groupe pharmaceutique sud-africain Aspen continue d’investir en France. Le site produit notamment des anticoagulants injectables et des seringues destinés aux marchés français et européen.

« Nous avons acquis en France une usine qui fabriquait déjà des médicaments très importants : des anticoagulants injectables, » explique Stavros Nicolaou, directeur exécutif d’Aspen, pour qui la France est devenue un marché stratégique. « Au total, nos investissements, avant et après le Covid, dépassent largement les 200 millions d’euros. Nous sommes le plus important investisseur africain en France. C’est un marché majeur pour nous. »

Avec près de 700 salariés en France, Aspen fait figure d’exception. Les entreprises africaines qui investissent dans l’industrie française restent rares. Cependant, Stavros Nicolaou souligne une évolution des mentalités : « Je pense justement qu’il faut casser cette image. Beaucoup de gens associent encore les entreprises africaines à des demandes d’aide ou de soutien financier. Aspen démontre exactement le contraire. Nous avons investi massivement en Europe, non seulement en France, mais aussi en Allemagne et aux Pays-Bas. D’habitude, ce sont les présidents africains qui appellent les dirigeants européens pour demander des médicaments essentiels, mais pendant le Covid, c’étaient les Premiers ministres français et italien qui nous téléphonaient pour nous demander de mettre ces médicaments à leur disposition. »

Pour Stanislas Zézé, économiste ivoirien et président de Bloomfield Investment Corporation, ces implantations répondent moins à une logique commerciale qu’à une stratégie de crédibilité internationale. « Les profits les plus élevés sont en Afrique, les besoins les plus élevés sont en Afrique. Donc, évidemment, c’est dans une logique de croissance, » analyse l’économiste. « Ça n’a pas beaucoup de sens parce que la croissance dans les pays développés est très faible. Je ne sais pas pourquoi on irait chercher la croissance en Europe pendant qu’on vient d’un continent où il y a le plus de croissance. C’est surtout une logique d’avoir une stature internationale. »

Cette présence africaine en France reste toutefois limitée. En 2024, les investissements en provenance du continent ont représenté 39 projets, à l’origine de 593 créations d’emplois dans l’Hexagone.

Source : RFI

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