Should Artemis IV Astronauts Actually Land Near the Moon’s South Pole?
Le pôle sud lunaire a longtemps été l’objectif des missions de débarquement lunaires d’Artemis de la NASA, mais un astronaute d’Artemis remet en question cette stratégie. Victor Glover, qui a piloté la mission Artemis II en avril dernier, a proposé une approche différente lors du Forum scientifique d’exploration de la NASA, tenu au Centre de recherche Ames en Californie le 21 juillet. « Je pense que nous devons être réalistes et travailler à atteindre le pôle sud, sans nécessairement essayer d’y aller en premier », a-t-il déclaré.
Glover a suggéré de viser plutôt l’équateur lunaire, où les missions peuvent atterrir dans des zones non exposées à l’obscurité prolongée et où les orbites permettent des transferts rapides vers la Terre en cas d’urgence. Cet argument s’aligne avec d’autres modifications récentes du programme Artemis, qui vise à élargir progressivement les objectifs des missions. Toutefois, l’acceptation de cette proposition par les responsables de la NASA dépendra des priorités jugées essentielles pour les atterrissages lunaires d’Artemis.
La NASA a initialement ciblé le pôle sud lunaire en raison de son abondance en glace d’eau. Des zones en permanence ombragées dans cette région sont supposées abriter d’importants dépôts de glace, pouvant être utilisés pour produire des éléments essentiels au voyage spatial, tels que l’eau potable et le carburant. Cela contribue à l’objectif ultime du programme Artemis : établir une base durable sur la surface de la Lune, tout en tirant des leçons pour une éventuelle occupation de Mars.
Cependant, une motivation secondaire pousse la NASA à réussir ses missions Artemis rapidement. La Chine a également intensifié ses efforts pour atteindre la surface lunaire, suscitant des inquiétudes chez certains responsables américains quant à la possibilité que des astronautes chinois revendiquent le pôle sud avant ceux des États-Unis.
La prochaine mission Artemis, Artemis III, est prévue pour l’année prochaine, avec le lancement de quatre astronautes à bord de la capsule Orion pour des tests de rendez-vous et d’amarrage avec les véhicules de débarquement lunaires commerciaux. Si tout se passe comme prévu, la NASA vise un premier atterrissage sur la Lune avec Artemis IV d’ici fin 2028.
Pour faciliter les atterrissages au pôle sud, la NASA avait prévu une orbite halo près-rectilinéaire lunaire (NRHO), mais cette approche présente des complications. Glover a souligné les risques liés à la dépendance à cette orbite, notamment en cas de problème de santé d’un astronaute nécessitant une évacuation médicale. « Vous êtes coincé pendant une semaine, et cela me semble problématique », a-t-il déclaré.
En conclusion, Glover a préconisé une approche plus prudente, suggérant que si l’objectif est de retourner sur la Lune rapidement, il n’est pas nécessaire de viser le pôle sud en premier. La NASA pourrait envisager de modifier discrètement le site d’atterrissage pour une latitude plus élevée, en tenant compte des préoccupations de sécurité et des délais de mission.
Source : Space News.
