Artémis 2 : Les astronautes quittent l’orbite terrestre en direction de la Lune
Les quatre astronautes de la mission Artémis 2 de la NASA ont quitté l’orbite terrestre le jeudi 2 avril et se dirigent vers la Lune, un exploit qui n’avait pas été réalisé depuis plus de cinquante ans.
L’astronaute canadien Jeremy Hansen, qui fait partie de l’équipage aux côtés des Américains Reid Wiseman, Victor Glover et Christina Koch, a déclaré : « L’humanité a une fois de plus montré de quoi elle est capable », peu après le déclenchement de la manœuvre clé qui a permis au vaisseau Orion de s’arracher de l’orbite terrestre. Pendant près de six minutes, le vaisseau a pris l’élan nécessaire pour s’éloigner de la Terre. Hansen a décrit l’expérience comme étant « scotchés aux fenêtres », tandis que Koch a évoqué une vue de la Terre « illuminée comme en plein jour et baignée de la lueur de la Lune ».
Artémis 2 devient ainsi le premier vol habité à prendre la direction de la Lune depuis la fin du programme Apollo en 1972, la présence humaine s’étant limitée aux environs immédiats de la Terre, notamment à la Station spatiale internationale (ISS). Située à plus de 384 000 kilomètres, la Lune est 1 000 fois plus éloignée de la Terre que l’ISS, et il faudra entre trois et quatre jours pour atteindre l’astre lunaire. Les astronautes ne s’y poseront pas, mais effectueront un tour, passant derrière sa face cachée lundi avant de revenir sur Terre le 10 avril.
Ce vol est également notable car il est le premier à inclure une femme, une personne de couleur et un non-Américain. L’équipage battra un record en s’aventurant plus loin dans l’espace que tout autre vol habité. La trajectoire a été soigneusement calculée pour que le vaisseau soit attiré par la Lune avant de revenir vers la Terre, sans propulsion supplémentaire. Cela implique qu’une fois la grande poussée initiée, il n’y a pas de retour en arrière possible.
En cas de problème majeur, comme une dépressurisation, les astronautes doivent réenfiler des combinaisons conçues pour asr leur survie pendant six jours. Afin de garantir la fiabilité de leur vaisseau, qui n’avait jamais transporté de personnes auparavant, une série de vérifications a été effectuée dans les 24 heures suivant leur décollage de Floride.
Malgré quelques imprévus techniques, notamment un problème avec les toilettes, l’équipage a pu poursuivre sa mission, Christina Koch plaisantant en se qualifiant de « plombière de l’espace ». Leur mission pave la voie à un retour des Américains sur la Lune prévu pour 2028, avec l’objectif de construire une base près du pôle Sud lunaire. Cette initiative vise également à préparer de futurs vols vers Mars, dans un contexte où la Chine ambitionne de marcher sur la Lune d’ici 2030.
Le commandant Reid Wiseman a souligné l’importance de cette mission en affirmant : « Envoyer quatre personnes à 400 000 kilomètres de distance est un exploit herculéen, et nous commençons seulement à en prendre la me. »
Source : La Croix
